Les Droits de l’Homme au Cameroun : Des progrès significatifs

L’institut Droits, justice et développement a publié ce 1er juillet un manifeste sur la question des Droits de l’Homme au Cameroun où il reproche au président Biya, en se basant sur une déclaration faite lors de sa visite officielle en France en janvier dernier, de « faire la politique de l’autruche, le déni de la réalité ». Paul Biya a déclaré au cours de ce séjour dans un échange avec la presse : « Nous n’avons pas de problème de droits de l’Homme. Les Camerounais sont parmi les Africains les plus libres ». Pour cet institut, il s’agit là d’un « flagrant déni de réalité avec des déclarations de circonstances ». Et il conclut : « Le Cameroun est malade sur le plan des droits humains et la seule façon d’en sortir, c’est de l’engager davantage sur le chemin des droits de l’Homme, d’avoir l’audace de relever le défi dans notre pays ».

Le Cameroun n’est certes pas un paradis mais il n’est pas non plus l’enfer des droits de l’homme que semble vouloir dépeindre cet institut. Un certain nombre de choses ont été accomplies, des mesures prises et des structures mises en place. Ainsi, depuis les années 90, le paysage médiatique camerounais a connu un changement radical avec la proclamation de la liberté de la presse et la fin du monopole de l’État sur les médias audiovisuels avec la loi du 19 décembre 1990 qui reste emblématique des changements opérés depuis. Cette dernière a été à l’origine de l’éclosion de centaines de journaux (près de 700 selon les statistiques du ministère de la Communication) et de la naissance d’une dizaine de chaînes de télévision à capitaux privés, en plus de la chaîne publique, la Cameroon Radio Television (CRTV) et d’une cinquantaine de radios privées et une quarantaine de radios communautaires.

Cette explosion du paysage audiovisuel est complétée aujourd’hui par une nouvelle impulsion avec le développement de l’Internet et des communications cybernétiques traduites par la création des médias en ligne. En plus de leur développement quantitatif et qualitatif, ces médias jouissent d’une rare liberté de ton. On pourrait pour ainsi dire que c’est là que se passe l’essentiel du débat public, tant sur la politique que sur les questions sociales d’intérêt national.

Paul Biya et son gouvernement ont par ailleurs engagé le combat pour la promotion des droits de l’homme sur d’autres fronts, deux en particulier. Ainsi, sur le plan institutionnel, une commission des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) a été créée par décret présidentiel et érigée en Commission en 2006. Cet organe, doté d’une grande autonomie et d’une large marge de manœuvre, joue le rôle de gendarme des droits de l’homme. À cet effet, elle mène des enquêtes, reçoit des requêtes des personnes physiques ou morales portant sur les violations des droits de l’homme afin d’y apporter des solutions. Puis, sur le plan judiciaire, ceux qui violent les droits de l’homme sont appelés à répondre de leurs actes devant la justice. S’agissant de torture en particulier, le Code pénal camerounais prévoit « une peine d’emprisonnement à vie pour toute personne qui donne la mort à autrui par la torture ». Par ailleurs, au sein du ministère de la Justice, une direction des droits de l’homme et de la coopération internationale a été créée avec pour mission principale, entre autres, l’information et la sensibilisation des personnels des services judiciaires et de l’Administration pénitentiaire aux normes de protection des droits de l’homme.

Il est donc clair que durant toutes ces années à la tête de l’État camerounais, le président Biya s’est toujours efforcé d’instaurer la culture des droits de l’homme dans son pays à travers différentes initiatives. Un travail qui a été reconnu au niveau international, notamment par les États-Unis qui, en février 2012, par le biais de sa Représentante au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, Eileen Chamberlain Denahoe, a fait savoir au chef de l’État camerounais lors d’une rencontre en Suisse, qu’ils étaient « profondément impressionnés par les progrès significatifs accomplis au Cameroun » en matière de démocratie, réformes électorales, gouvernance, etc.

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