Paul Biya et la corruption au Cameroun : combattre ce fléau jusqu’au bout

Selon le baromètre mondial 2013 de la corruption de Transparency International, publié le 9 juillet dernier, la police camerounaise est perçue comme étant « l’institution la plus corrompue » dans le pays. 69% des 1000 personnes interrogées par le cabinet Gallup pour le compte de l’ONG, déclarent avoir dû payer des pot de vins dans les 12 derniers mois, ayant précédé l’enquête, « pour obtenir un service de cette institution qui figure régulièrement parmi les plus touchées par le fléau ».

Le système judiciaire vient juste derrière la police, épinglé par 55% des personnes interrogées, suivi des services des impôts et taxes (46%), souligne également Transparency International. D’une manière générale, l’Afrique reste le continent le plus touché par la corruption, selon cette même enquête. Sur les 14 pays du monde où plus de 50% des personnes interrogées ont déclaré avoir payé des pots-de-vin pour accéder à certains services publics ou à certaines institutions durant l’année écoulée, 11 sont africains (Ghana, Kenya, Libye, Cameroun, Mozambique, Sénégal, Tanzanie, Ouganda, Zimbabwe, Liberia et Sierra Leone), peut-on lire dans ce baromètre.

Selon Chantal Uwimana, directrice du département Afrique à Transparency International, c’est davantage un sentiment d’impunité généralisée qui est responsable de cette situation sur le continent. « Depuis deux ans, un grand nombre d’affaires de corruption impliquant le monde politique ont frappé de nombreux pays. Sans qu’il y ait toutefois de véritables sanctions. Cette situation renforce l’impression que ceux qui sont au pouvoir peuvent s’en sortir», précise-t-elle. Ce sentiment tend à disparaître au Cameroun où le président Paul Biya continue d’intensifier son combat contre la corruption jusqu’à « la réduire à sa plus simple expression », selon ses propres termes.

En effet, le président Biya a toujours fait savoir qu’il mènera jusqu’au bout son combat contre ce fléau qui empoisonne la société camerounaise, quitte à lâcher d’anciens proches collaborateurs et pontes du pouvoir. Ainsi, il n’a jamais cessé d’affirmer que nul ne bénéficiera de sa protection au cas où sa culpabilité serait établie. Ainsi, de nombreux dignitaires du régime et autres personnalités ont dû répondre et continuent à le faire, de faits de détournements et de mauvaise gestion des biens publics devant la justice. Par ailleurs, la mise en place par la douane camerounaise d’un numéro vert pour dénoncer les actes de corruption ou encore les manquements à l’éthique et à la gouvernance, en plus de l’Opération Épervier, est un parfait exemple de la détermination de Paul Biya dans la lutte contre la corruption.

Certes, « la corruption reste et demeure une réalité vivace au Cameroun », comme l’a souligné la commission nationale anti-corruption (Conac) dans l’un de ses rapports sur l’état de la corruption dans le pays, mais le Cameroun a fait des progrès remarquables en la matière. Le pays est déjà bien équipé sur le plan institutionnel avec la création d’organes spécialisés comme la Conac qui a pour mission de recueillir, de centraliser et d’exploiter les dénonciations et informations dont elle est saisie pour des pratiques, actes et faits de corruption ou encore le corps spécialisé d’officiers de police judiciaire dont le rôle est de « diligenter les enquêtes relatives aux infractions de détournement de biens publics et infractions connexes lorsque le préjudice est d’un montant minimum de 50 millions de FCFA et exécuter les mandats de justice et les commissions rogatoires ».

Il est donc clair que Paul Biya souhaite aller encore plus loin dans sa lutte contre ce qu’il considère comme un « facteur de discrimination sociale qui accentue les inégalités et mine la morale publique », en laissant notamment le soin à la justice de jouer son rôle constitutionnel.

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