Cameroun « Il n’y a pas de complot contre les homosexuels »

Le 15 juillet dernier, un journaliste infographe camerounais militant pour la cause homosexuelle, Éric Lembembe, a été retrouvé mort avec des traces de tortures à son domicile à Yaoundé. Ce crime a immédiatement suscité dans le pays et sur la scène internationale, de nombreuses réactions d’indignation et de consternation, surtout après que certains médias se soient emparés de l’affaire pour la transformer en procès du traitement juridique et judiciaire réservé aux homosexuels au Cameroun. De même, alors que l’enquête policière suit son cours, plusieurs associations de défense des droits des homosexuels parlent déjà d’une attaque homophobe tout en déplorant le « comportement passif » des autorités camerounaises, qui selon elles, n’assureraient pas assez la sécurité des homosexuels du pays.
En réaction à ces critiques, lors d’un point de presse donné à Yaoundé quelques jours après ce crime, le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, a mis les points sur les «i» en donnant la version des faits du gouvernement. Il a ainsi souligné que la justice camerounaise s’est saisie de l’affaire dès le signalement du décès d’Éric Lembembe avec l’ouverture d’une enquête. Il s’est dit choqué de constater que de nombreux organes de presse se sont saisi de cette occasion pour faire « état de la récurrence d’agressions et violences de tous ordres contre les homosexuels au Cameroun, sans que les autorités camerounaises, et en particulier les forces de sécurité et la justice, ne mènent des enquêtes conséquentes, afin d’établir les responsabilités de tels actes, en appréhender les auteurs et les punir conformément à la loi » avant d’ajouter : « Il n’y a aucun complot d’État, ni même aucun complot social au Cameroun, qui serait dirigé contre les homosexuels ».
Un tel acharnement contre le gouvernement camerounais est complètement inutile car si l’homosexualité est interdite au Cameroun jusqu’à aujourd’hui, le tort ne revient pas au gouvernement. Comme l’a rappelé le président Biya lors d’une visite officielle en France il y a quelques mois : « Avant que je ne sois Président, le Code pénal chez nous, l’article je crois 347 punissait cette chose, ce délit. Maintenant ce que je peux dire, c’est qu’il y a discussion, les esprits peuvent évoluer dans un sens ou dans un autre. Mais actuellement, c’est un délit. Nous venons d’ailleurs d’apprendre que des gens détenus et condamnés pour homosexualité ont été libérés. Il y a donc une évolution des esprits. »
Rappelons en effet que l’homosexualité est un délit au Cameroun. Pourtant, comme l’a fait remarquer Issa Tchiroma Bakary : « on observe que de nombreux activistes traitent favorablement au grand jour de cette question sans être inquiétés ni par les forces de sécurité, ni par la justice et que de nombreux homosexuels notoirement connus, vivent et circulent en toute liberté au Cameroun, sans que soient organisées des battues ou des expéditions punitives contre eux ». Mieux encore, les autorités camerounaises ont ouvert une enquête judiciaire pour élucider ce crime en promettant que « toute la lumière serait faite sur cette tragique affaire dans le respect strict de l’indépendance de la justice ». N’est-ce pas là un signe de leur bonne volonté ?
Ainsi, les associations de lutte contre l’homophobie, au lieu de sans cesse accuser le gouvernement et la justice de faire fi des exactions dirigées contre les homosexuels au Cameroun, feraient mieux de concentrer leur stratégie sur la sensibilisation de la population car le jour où les Camerounais seraient prêts à accepter l’homosexualité, le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de s’incliner face à la volonté du peuple et donc d’abroger cette loi.

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