L’adhésion du Cameroun au PDAA : la priorité agricole du Président Biya

Le Cameroun vient d’adhérer au Pacte du programme de développement de l’agriculture africaine (PDAA). Adopté par les chefs d’État africains en 2003, le PDAA qui fait partie du NEPAD, vise entre autres, à encourager et promouvoir l’agriculture à travers le continent africain. Selon ce pacte, les États africains sont appelés à consacrer au moins 10% de leurs budgets nationaux au secteur agricole. Pour sa part, le Cameroun consacre près de 95 milliards de F CFA au secteur agricole, ce qui se situe encore en dessous des 10%. Ainsi, l’ambition du gouvernement est d’accroître de 4 à 10% la part de l’agriculture dans le PIB à l’horizon 2020.
L’agriculture est un sujet qui tient particulièrement à cœur le président Biya depuis des années. L’agriculture est, selon lui, la véritable richesse du Cameroun, qu’il souhaiterait transformer en grenier de l’Afrique centrale. La diversité climatique, l’énorme potentiel de terre arable (7,2 millions d’hectares dont 1,8 million cultivés, soit seulement 26% du potentiel) et hydrographique (l’un des plus importants d’Afrique) et l’impressionnant potentiel de création d’emplois (l’agriculture emploie actuellement 45 000 travailleurs et avec les mesures mises en œuvre et les nouvelles incitations envisagées, ce chiffre devrait, en 2014, atteindre 165 000 et 200 000 en 2016), sont autant d’atouts que possède le pays.
Pour amener à bien sa « Politique agricole » surnommée l’agriculture de deuxième génération, annoncée dans son programme électoral de 2011, le président Biya et son gouvernement ont établi dans le cadre des « Grandes réalisations », 5 principaux trains de mesures visant à encourager et développer l’agriculture et en faire le fer de lance de la croissance du pays :
Le premier train de mesures consiste à accélérer la modernisation de l’agriculture grâce à une politique d’exploitation collective des équipements agricoles fondée sur le micro-leasing tandis que la seconde va contribuer à créer des incitations spéciales comme la réduction d’impôts à l’exportation des produits agricoles, la simplification des formalités d’exportation ou encore la réduction des taxes de douane sur les intrants et le matériel agricoles, qui sont adaptées à l’agriculture moderne. Un troisième train de mesures vise le redéploiement de l’industrie chimique en faveur de l’agro-industrie et d’autres concernent la banque d’appui au secteur agricole. Enfin, le dernier train de mesures permettra de procurer aux jeunes un enseignement agricole adapté aux réalités du pays.
Ces mesures sur l’agriculture ont déjà commencé à prendre forme, notamment avec le projet de construction d’une usine d’engrais qui a une capacité de 700 000 tonnes près de Limbé et celui de l’unité de montage de machines agricoles d’Ebolowa, sans oublier la réhabilitation des fermes semencières agricoles et le renforcement du dispositif de financement des activités rurales grâce à la création de la banque agricole et de la banque des PME-PMI.
Le président Biya espère ainsi avec cette agriculture de deuxième génération déjà bien en marche, accélérer son programme national d’investissement agricole et parvenir aux 10% exigés par le PDAA.

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