Les PME au Cameroun : au cœur de la stratégie de relance de la croissance de Paul Biya

Le gouvernement camerounais a récemment annoncé par la voix du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi, avoir mobilisé trois milliards de FCFA. Une somme entièrement mise à la disposition des établissements financiers partenaires pour financer les PME camerounaises. Des établissements qui ont d’ores et déjà commencé à collecter les dossiers de candidature actuellement en instance d’instruction.
Les PME éligibles dans ce programme doivent respecter plusieurs conditions comme celles d’exercer dans le formel et avoir un capital social détenu en majorité par les nationaux.
« Les premiers prêts seront disponibles dans les prochains jours. Il ne s’agit pas de leur remettre des ressources financières, mais des équipements dont ils ont besoin pour améliorer la production et la productivité dans leurs diverses exploitations », a expliqué Mr Nganou Djoumessi.
Ce n’est pas la première initiative dans ce sens du gouvernement de Paul Biya qui fin 2012, avait déjà lancé un Fonds de garantie pour les crédits aux petites et moyennes entreprises (FOGAPME) qui avait pour mission de garantir les crédits accordés aux PME par le secteur bancaire. Selon l’Institut national de la statistique (Ins), les PME qui sont au nombre de 100 000 au Cameroun, constituent 90% des entreprises en activité dans le pays et emploient 70% de la population active. Malheureusement, beaucoup fonctionnent encore de manière informelle à cause notamment d’un manque de financement.
En effet, le manque de financement empêche l’éclosion de millions de PME, pendant que l’insuffisance de ressources financières précipite de milliers d’autres dans la cessation de paiement et la faillite. Les PME camerounaises ont donc beaucoup de difficultés à trouver auprès des différentes institutions financières, les ressources nécessaires pour couvrir leurs dépenses d’investissement et d’exploitation.
Les banques camerounaises sont généralement très réservées à financer les investissements de ces entreprises, ce qu’elles justifient en invoquant la nature de leurs propres dépôts qui sont essentiellement des dépôts à vue et ne peuvent donc raisonnablement pas être utilisés pour des financements à moyen et long terme. Les grandes entreprises, contrairement aux autres, offrent des garanties qui leur permettent de contourner ces réticences des banques. Les choses sont donc plus compliquées pour les PME du fait de l’absence des garanties matérielles ou financières de type fonds de garanties. On comprend dès lors la volonté du gouvernement camerounais sous l’impulsion du président Biya, de leur créer un fonds de garantie des crédits.
En s’attaquant ainsi de manière significative et conséquente à ce problème majeur que rencontrent les PME, les autorités camerounaises démontrent leur souci de lutter activement contre le sous-emploi dans le pays à travers la création de dizaines de milliers d’emplois formels par an, en s’appuyant sur ces PME. C’est pourquoi elles ont mis ces dernières au cœur de leur stratégie de relance de la croissance et de l’emploi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>