La manipulation de l’interview de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun : une pratique scandaleuse

Ces dernières années, on était habitué à lire ici et là sur Internet les attaques contre le Cameroun et le président Biya en particulier. Ces attaques devenues presque monnaie courante, portent notamment sur ce que ces internautes appellent le prétendu manque de démocratie au Cameroun. La dernière en date se sert de l’interview de l’ambassadeur des États-Unis, Robert P. Jackson, pour s’en prendre une fois de plus au pays et au pouvoir en place. On a à faire ici à un cas manifeste de manipulation de la part d’une personne qui n’est pas contente du bilan extrêmement positif que dresse l’ambassadeur des États-Unis dans cette interview accordée au quotidien camerounais Mutations. Ainsi, elle utilise des petits bouts de phrase sortie complètement de leur contexte pour appuyer sa diatribe délirante contre Paul Biya.

En effet, lorsqu’on lit l’interview en question, on se rend très vite compte que les propos de M. Jackson ont été détournés. Ainsi, l’ambassadeur américain rend un vibrant hommage à la transparence dans l’organisation des élections au Cameroun, notamment la dernière : « Je crois que ces élections sont un grand avancement pour trois raisons : d’abord le fait qu’on ait une liste électorale qui est publique et sur internet… ». Il s’attarde également sur la question de l’alternance dans le pays qu’il estime être une bonne chose pour la démocratie : « Nous estimons que l’alternance en général est une bonne chose parce que, avec de nouvelles personnes, on a de nouvelles idées. Cependant, c’est aux Camerounais de décider si leur leader est élu et réélu.».

Or l’auteur ne voit ou ne prend que ce qui l’intéresse comme lorsqu’il écrit : « Lorsque tout de suite après avoir indiqué que sur le plan démocratique, les choses s’améliorent, il s’empresse à rappeler qu’en matière politique, «l’alternance est une bonne chose», il frappe le «Renouveau» de manière particulièrement sévère. Faut-il ici rappeler qu’à la tête de notre État trône un homme depuis plus de trente années? Comment ne pas percevoir qu’il s’adresse directement à lui? ». Il omet ainsi de mettre la fin de la phrase qui est : « Jusqu’à présent, les Camerounais ont choisi de réélire le Président Biya et on respecte cela.». Tout comme lorsqu’il évoque la liberté d’assemblée : « Détruisant totalement la propagande du régime, le représentant du Président Barack Obama dans notre pays a indiqué qu’au Cameroun, «la liberté d’assemblée est plus restreinte que ce que la constitution prévoit». En langage simple, le régime camerounais est liberticide. ». Or une fois de plus, on est loin des propos de M. Jackson qui affirme : « Pour aller loin, je crois que le bilan du Cameroun et des États-Unis est bon. Mais il y a des exceptions. Aux États-Unis, dernièrement, on a découvert que nos agences de sécurité ont écouté des communications dont ils n’avaient pas le droit d’accès. Au Cameroun, j’estime que la liberté d’assemblée est plus restreinte que ce que la Constitution prévoit. », sous entendu, aux États-Unis comme au Cameroun, nul n’est parfait et que les Américains n’ont aucune leçon à donner aux Camerounais en matière des droits de l’homme. Mais évidemment comme il l’a fait tout au long de son texte, l’auteur ne prend qu’une partie de la citation, celle qui l’arrange, à l’image de la question concernant la justice camerounaise. Alors que l’autre réitère clairement son soutien à l’Opération épervier en revenant sur la transparence des procès et le bon déroulement du système judiciaire camerounais : « Après avoir passé trois ans ici, l’un des problèmes les plus importants pour le Cameroun c’est celui de la corruption. Je crois que «l’opération épervier» est un excellent moyen de la combattre. C’est pour cette raison que je dis que nous soutenons l’opération. »

Enfin, toujours dans sa volonté de manipuler les propos de l’ambassadeur américain au Cameroun, l’auteur écrit : « En déclarant que le «Président Paul Biya ne voyage pas beaucoup dans son pays», Robert Peter Jackson assène un coup terrible au Président de la République. Aucun opposant politique n’aurait pu faire mieux. ». C’est tout le contraire des affirmations de l’autre : « J’ai rencontré un Président qui ne voyage pas beaucoup dans son pays, mais qui le connaît extrêmement bien. Il est très bien informé, très sage et il cherche le consensus. Je crois qu’il a une vraie vision pour le Cameroun qui n’est pas celle de 2035. Il fait un énorme effort pour aider le Cameroun à préserver sa diversité et ses atouts, sa paix, sa stabilité. Ce n’est pas facile, dans un pays aussi diversifié et dans un continent aussi mouvementé. Je dirai aussi que Paul Biya est un homme qui aime ses compatriotes et qui fait un grand effort pour préserver leur bien-être. ».
Bref, M. Jackson dresse là un bilan très positif de son long séjour et du Cameroun. Cet hommage à Paul Biya à la fin de l’interview en dit long et contredit complètement, s’il est encore nécessaire de le préciser, les propos de ce pseudo-journaliste.

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