Cameroun : priorité aux infrastructures

Le 14 novembre dernier, Paul Biya a officiellement lancé, au cours d’une cérémonie solennelle, les travaux de construction d’un deuxième pont sur le Wouri. Long de plus de 800 mètres, ce dernier comprendra cinq voies routières et deux ferroviaires. Deux kilomètres de voies de raccordement sont également prévus avec le réseau de voirie de la ville de Douala. Sa construction très attendue tant par les populations que par les opérateurs économiques, devrait durer environ 44 mois. Pour les opérateurs économiques, ce pont sera d’un apport extrêmement important, car il va permettre de décongestionner Bonabéri, la zone industrielle la plus importante du pays. Il permettra de fluidifier les échanges entre la capitale économique et les régions situées à l’ouest du Wouri. Grâce à ce pont, Douala va ainsi renforcer sa position comme principale plate-forme économique du pays et même de la sous-région Afrique centrale.
La construction d’un deuxième pont sur le Wouri se situe en droite ligne d’une stratégie adoptée par le Président Biya : multiplier les infrastructures en vue de conduire le Cameroun vers l’émergence en 2035. C’est pourquoi il « met le paquet », si l’on peut dire, sur celles qui concernent la production énergétique. En effet, afin de résorber le déficit énergétique du pays qui plombe l’activité économique et industrielle du pays, avec une incidence néfaste palpable sur la croissance, Paul Biya a lancé le projet de construction de nombreux barrages hydro-électriques et centrales thermiques. C’est une priorité de l’heure au Cameroun.
Ainsi, sur l’axe Limbé-Idenau dans la région du Sud-Ouest du pays, plus précisément dans le petit village de Limbola à près de 3 kilomètres de la ville balnéaire de Limbé, se dresse un projet géant de construction d’un chantier naval. Près de 5000 emplois directs et indirects sont attendus de ce projet structurant et porteur pour l’industrie navale dans le golfe de Guinée. Une large palette de métiers allant de la chaudronnerie à l’électricité en passant par la soudure, les peintures ou la mécanique trouve dans la réalisation du yard pétrolier un terrain d’expression. Selon des responsables du Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC), entreprise qui réalise le projet, « Limbe Shipyard » a pour objectif principal de fournir des services de qualité à des clients qui opèrent notamment dans les champs pétroliers offshore dans cette zone. En raison de son immensité, sa raison d’être et sa portée, le projet du chantier naval de Limbé est déjà classé comme le deuxième plus grand projet infrastructurel au Cameroun après la pipeline Tchad-Cameroun, selon des experts.
Il y a également parmi les Grands Travaux entrepris par le chef d’État camerounais, le projet de barrage de Lom Pangar, principal chantier énergétique du Cameroun. La réalisation de ce projet permettra au pays non seulement de satisfaire totalement la demande intérieure d’électricité, mais aussi d’alimenter le marché sous-régional. Son site est localisé dans la région de l’Est, département du Lom et Djerem, à environ 120 km au nord de la ville de Bertoua. L’offre actuelle du Cameroun en énergie électrique est évaluée à près de 1022 mégawatts (MW), ce qui présente un fossé de 400 MW par rapport à la demande. C’est pour mettre un terme aux désagréments causés aux industries, aux administrations ainsi qu’aux ménages par ce déficit que le gouvernement a décidé de faire passer la production nationale d’électricité à 3000 MW à l’horizon 2020. La réalisation du barrage de Lom Pangar permettra de créer 1000 emplois directs qui, selon le cahier des clauses particulières, seront destinés à la main-d’œuvre locale dont le recrutement se fera sur le plan national. Tous les postes de travail d’ouvriers non qualifiés au personnel d’encadrement en passant par les ouvriers spécialisés, les ingénieurs, les techniciens et autres sont ainsi ouverts aux Camerounais. De même, le contrat accorde la priorité aux entreprises locales en matière de fourniture des matériaux et de produits fabriqués mais aussi pour la fourniture de services en tout genre, destinés à améliorer le quotidien des ouvriers sur le terrain. Il s’agit de la plomberie et des sanitaires, des portes, fenêtres, quincailleries, tôles, des produits en aluminium, des hydrocarbures, des aliments ou encore du matériel roulant.
Il est donc clair que le président Biya entend manifestement faire de son mandat, comme il l’a toujours répété, celui des Grandes Réalisations.

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