Cameroun : la voie vers l’Émergence

À l’occasion de son « Message à la nation » du 31 décembre 2013 pour le Nouvel An 2014, le président Biya a appelé le peuple camerounais à se mobiliser pour atteindre « l’objectif de l’émergence » en 2035. « Je crois que nous devons mobiliser toutes nos énergies au service de cette cause et jeter toutes nos forces dans le combat pour la croissance. Il semble en effet que nos efforts, aussi louables soient-ils, ne suffiront pas, à leur rythme actuel, pour que le Cameroun devienne un pays émergent en 2035. », a-t-il indiqué avant d’ajouter que « cet avertissement amical » venait des institutions financières et qu’il était de l’intérêt national d’en tenir compte.
Et le chef d’État de souligner : « En 2013, notre taux de croissance était de 4,8%, donc en deçà de nos prévisions qui étaient de 6,1%. Il n’y a certes là rien de dramatique mais il est clair que nous devons redoubler d’efforts ». En effet, le Cameroun possède un énorme potentiel minier qui comme l’affirme le président Biya soutient actuellement la croissance du pays. Ainsi, ce dernier dispose de gisements miniers d’importance mondiale tels que le rutile, 2e réserve mondiale après la Sierra Léone ou encore la bauxite, 5e réserve mondiale estimée à plus d’un milliard de tonnes de minerais (gisement de Mini-Martap et de Ngaoundal dans la région de l’Adamaoua).
De même, le Cameroun peut également compter sur son gisement de fer de plus de 800 millions de tonnes de MBALAM, dans le sud à la frontière avec le Gabon. Tout cela en plus de substances précieuses comme l’or, en grand nombre dans les provinces de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et du Sud. Le pays compte aussi deux zones d’exploitation artisanale de diamants dans l’Est. Tout comme le saphir qui, associé à d’autres pierres précieuses, est principalement exploité de manière artisanale également, dans 4 des 5 départements de la province de l’Adamaoua. D’autres concentrations de saphir non exploitées existent dans la région de Mamfé (Mounaya et Nasanarakati).
Mais en dépit de « la bonne tenue des recettes pétrolières » et autres, Paul Biya souhaiterait améliorer le climat des affaires en encourageant les investissements privés qui selon lui, demeurent encore insuffisants. Pourtant depuis quelque temps, les initiatives ne cessent de se multiplier pour notamment faire venir les investisseurs étrangers sur le sol camerounais. Ainsi, grâce à sa politique qui consiste à offrir aux investisseurs nationaux comme étrangers un cadre incitatif pour l’exercice de leurs activités, le Cameroun devient de plus en plus attractif aux yeux de ces nombreux investisseurs qui investissent dans des domaines très diversifiés.
Le texte de loi régissant les zones économiques au Cameroun voté par le parlement et promulgué le 16 décembre dernier par le président Biya, est l’une de ses dernières initiatives pour attirer les investisseurs et promouvoir la production interne des biens et des services. Au titre de cette loi, une zone économique est « un espace constitué d’une ou de plusieurs aires géographiques viabilisées, aménagées et dotées d’infrastructures, en vue de permettre aux entités qui y sont installées de produire des biens et des services dans des conditions optimales ». En résumé, la zone économique vise à concentrer, sur une ou plusieurs aires données, des activités ou des acteurs (entreprises industrielles, agricoles ou de services, pépinières ou incubateurs d’entreprises, pôles scientifiques et technologiques, technopoles, agropoles, etc.) engagés dans des projets de développement économique et social.
Par ailleurs, le président Biya a fait adopter la Charte des investissements qui s’est traduite par la création du Conseil de régulation et de compétitivité, de l’Agence de promotion des investissements, de la Commission nationale de la concurrence, de l’Agence des normes et de la qualité, etc. De même, pour faciliter les importations et les exportations, un Guichet unique des opérations du Commerce extérieur a été institué.
Bref, ce ne sont pas les initiatives qui manquent pour améliorer l’efficacité de la politique économique du Cameroun. Mais malgré cela, le Président Biya souhaite mettre en place à court terme, « un véritable plan d’urgence » avec une discipline collective rigoureuse pour enfin être sur le chemin de l’émergence.

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