Lutte anti-corruption au Cameroun : une politique ferme mais juste

À l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la réunification camerounaise dernièrement, le président Biya a accordé la grâce présidentielle à un certain nombre de détenus qui avaient écopé de peines de 15 à 20 ans de prison, dans le cadre de l’Opération Épervier notamment. Ces décrets de commutations et de remises de peine signés par Paul Biya ont ainsi conduit aux libérations spectaculaires de Titus Edzoa et Thierry Michel Atangana condamnés pour détournement de fonds publics, lundi soir. Le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary venu annoncer cette nouvelle à la presse ce mardi, a évoqué la magnanimité du président Biya pour justifier cette décision. « Le président, en toute souveraineté, au nom de son peuple, mû par l’humanisme et la générosité, a posé cet acte », a-t-il affirmé.

Un des détenus Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunal, a ainsi fait savoir sa gratitude au chef de l’État, bien qu’il ait encore 12 ans à passer en prison. Le décret présidentiel réduit sa peine de 10 ans, comme celle de Gilles Roger Belinga, ancien directeur de la Société immobilière du Cameroun. Marafa Hamidou Yaya, l’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation condamné à 25 ans de prison, voit également sa peine réduite de moitié, tout comme Polycarpe Abah Abah, l’ex-ministre des Finances, condamné quant à lui pour tentative d’évasion.

Ces hommes ont tous été condamnés dans le cadre de l’Opération Épervier, nom donné par les médias à cette vaste opération de lutte anti-corruption lancée par Paul Biya et qui n’épargne personne y compris des dignitaires du régime et autres personnalités, dès lors qu’ils sont accusés et condamnés de faits de détournements et de mauvaise gestion des biens publics devant la justice. En effet, le président Biya a toujours fait savoir qu’il mènera jusqu’au bout son combat contre ce fléau qui empoisonne la société camerounaise, quitte à lâcher d’anciens proches collaborateurs et pontes du pouvoir. Il n’a jamais cessé d’affirmer que nul ne bénéficiera de sa protection au cas où sa culpabilité serait établie. Il continue ainsi d’intensifier son combat contre la corruption jusqu’à, selon ses propres termes, « la réduire à sa plus simple expression» même s’il fait parfois preuve « d’humanité et de générosité » à certaines occasions comme cela a été le cas ici.

Et grâce cette détermination et acharnement à combattre le phénomène de la corruption, le Cameroun a fait des progrès remarquables en la matière. Ce qui lui vaut aujourd’hui d’être soutenu par des États comme la Grande-Bretagne. Ainsi, le ministre délégué à la présidence de la République du Cameroun chargé du Contrôle supérieur de l’État, Henri Eyebe Ayissi, a reçu le 6 février dernier en audience le haut-commissaire britannique Brian Olley qui lui a annoncé que son pays entend apporter au président Biya et à son gouvernement, tout son soutien en matière de lutte contre la corruption. Un soutien qui consistera en l’invitation dans les jours à venir de Mr Eyebe Ayissi et de certains de ses collaborateurs en Grande-Bretagne pour aller s’inspirer de l’expérience britannique en la matière. De même, des experts britanniques seront envoyés au Cameroun pour la formation des contrôleurs camerounais.

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