La grâce présidentielle de Paul Biya : Au nom de l’unité nationale

La diaspora camerounaise de l’Amérique du Nord compte une nouvelle association depuis peu. Basée aux États-Unis, cette énième association baptisée, Le Comité des amis de Marafa (Cam) et qui comme son nom l’indique, est dédiée à la cause de Marafa Hamidou Yaya, vient ainsi s’ajouter à la très longue liste des associations de Camerounais de l’Étranger. Le phénomène n’est pas nouveau. On a l’habitude de ces associations qui affirment vouloir parler au nom de l’ensemble de la diaspora camerounaise et qui disparaîssent aussi vite qu’elles naissent. À la différence des autres, cette dernière prétend agir pour un but bien précis, celui de faire libérer l’ancien secrétaire général de la Présidence camerounaise condamné à 25 ans d’emprisonnement pour détournement de fonds publics.

Et pour ce faire, l’association exige donc la libération de Marafa Hamidou Yaya et demande au président de faire appliquer l’article 66 de la Constitution en prenant exemple sur la récente libération de Michel Thierry Atangana et Titus Edzoa survenue, selon elle, grâce aux pressions diplomatiques françaises et celles des associations comme la leur. Ainsi, la décision de Paul Biya d’accorder la grâce présidentielle à un certain nombre de détenus qui avaient écopé de peines de 15 à 20 ans de prison, qui rappelons le a été prise dans un contexte particulier -celui de la célébration du cinquantenaire de la réunification camerounaise-, semble avoir fait des émules.

En effet, cette association pense que, parce que les autres ont été ainsi libérés, il suffit de faire beaucoup de bruit ou de se mobiliser pour voir les autres prisonniers libérés. Certes, il y a eu des pressions mais c’est le président camerounais qui finalement a décidé quand et comment se feront ces remises de peine. Comme l’a souligné le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, lors d’une conférence de presse pour annoncer la signature de ces décrets de commutations et de remises de peine : « Le droit international proscrit l’ingérence de qui que ce soit dans les affaires judiciaires d’un État quelconque. Aucun État, donc, en application de cette disposition, ne peut se permettre d’exercer la moindre influence sur le système judiciaire du Cameroun. »

Par ailleurs, Paul Biya a clairement expliqué à l’issue de l’inauguration du monument des Cinquantenaires à Buea dans le sud-ouest du pays, les raisons de cette décision prise en vertu du pouvoir régalien et des prérogatives que lui confère la constitution : « C’est pour montrer l’importance qu’il y a à cultiver l’unité. J’ai voulu que ce soit un grand moment de joie. Et que cette joie atteigne même les personnes qui se trouvaient en quelque sorte en marge de la société. Certains retrouvent la liberté aussi. Nous voulons que ce soit un grand moment de joie et d’allégresse pour renforcer l’unité nationale. »

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