Cameroun : les spécialistes des spéculations hasardeuses sont de retour

Depuis les libérations spectaculaires le 24 février dernier de Titus Edzoa et Thierry Michel Atangana emprisonnés depuis près de deux décennies pour détournement de fonds publics, les spéculations vont bon train sur les raisons qui ont motivé le président Biya à prendre cette décision. À l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la réunification camerounaise récemment, le chef de l’État camerounais a en effet accordé la grâce présidentielle à un certain nombre de détenus qui avaient écopé de peines de 15 à 20 ans de prison, dans le cadre de l’Opération Épervier notamment. Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication, a évoqué lors de la conférence de presse annonçant la signature de ces décrets de commutations et de remises de peine, la magnanimité du président Biya pour justifier cette décision. « Le président, en toute souveraineté, au nom de son peuple, mû par l’humanisme et la générosité, a posé cet acte », a-t-il ainsi affirmé.

Mais il semblerait que cela n’ait pas convaincu certains Camerounais spécialistes des spéculations qui ont évidemment commencé à spéculer sur ce qui est devenu « l’affaire Michel Thierry Atangana » en s’appuyant sur de prétendues « indiscrétions puisées à bonne source ». Selon ces gens qui s’autoproclament éditeurs ou journalistes, «l’ambassade de France à Yaoundé et l’État du Cameroun seraient en train de se livrer un bras de fer sur l’intention du régime de Yaoundé de vouloir faire interdire de séjour sur son sol, l’ex-détenu français » qui, selon eux, a été libéré après que la France ait lourdement fait pression sur Paul Biya. Et ce dernier aurait ainsi sauvé la face en diluant ces remises de peine avec celles des autres détenus comme Gilles Roger Belinga, ancien directeur de la Société immobilière du Cameroun, Marafa Hamidou Yaya, l’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ou Polycarpe Abah Abah, l’ex-ministre des Finances, qui ont tous vu leur peine diminuer de quelques années ou simplement libérés.

Cette tendance à balancer des affirmations hasardeuses et discutables sans aucune preuve, ne date pas d’hier. Ce n’est pas un phénomène nouveau. De nos jours, la spéculation est en effet devenue la Règle pour ces pseudo journalistes qui les transforment en faits ou informations journalistiques mais sans preuves, évidement. Leurs seules preuves se résument en des mystérieuses « sources bien introduites ». Ainsi, le web est devenu pour certains un véritable tremplin pour se défouler en spéculant à travers des prétendus articles, sur des faits sans véritablement se préoccuper d’aller chercher la vérité avant de les écrire. Ces gens ont transformé le web en réservoir d’informations où ils placent tout et n’importe quoi sans faire preuve d’aucune rigueur. Ils ne prennent même pas la peine de s’appuyer sur des faits réels. Ils préfèrent nous rebattre les oreilles avec des spéculations et des affirmations gratuites fondées sur du vent.

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