Corruption au Cameroun : après la sanction, la prévention

« La corruption reste et demeure une réalité vivace au Cameroun », indiquait il y a quelques mois un rapport de la Commission nationale anti-corruption (Conac), sur l’état de la corruption dans le pays. « Mais le Cameroun a fait des progrès remarquables en la matière », soulignait également le rapport. Et cela entre autres, grâce à la détermination et l’acharnement du président Biya à combattre ce phénomène de la corruption.

En effet, avec l’Opération Épervier, nom donné par les médias à cette vaste opération de lutte anti-corruption lancée par Paul Biya, le pays peut se targuer d’être quelque peu débarrassé de ce fléau qui empoisonne la société camerounaise. Le chef de l’État a toujours fait savoir qu’il mènera jusqu’au bout ce combat contre la corruption, quitte à lâcher d’anciens proches collaborateurs et pontes du pouvoir. Il n’a jamais cessé d’affirmer que nul ne bénéficiera de sa protection au cas où sa culpabilité serait établie. Ainsi, l’Opération Épervier n’épargne personne, dès lors que l’on est accusé et condamné de faits de détournements et de mauvaise gestion des biens publics devant la justice.

Par ailleurs, le pays s’est également bien équipé sur le plan institutionnel avec la création d’organes spécialisés comme la Conac qui a pour mission de recueillir, de centraliser et d’exploiter les dénonciations et informations dont elle est saisie pour des pratiques, actes et faits de corruption. Aujourd’hui, cette institution a décidé qu’en plus de la fermeté des sanctions, il fallait également inclure la prévention dans les méthodes de lutte contre ce fléau en espérant l’atténuer. Ainsi, la Conac souhaite sensibiliser les acteurs des entreprises nationales comme privées, à l’éthique et aux méthodes de lutte contre la corruption. D’où le séminaire de trois jours organisé à Douala. Placé sous le thème général de « Éthique et lutte contre la corruption dans les multinationales et les entreprises nationales », il a regroupé les administrations et les entreprises camerounaises, les représentations diplomatiques, les institutions internationales ainsi qu’une vingtaine de multinationales.

Selon la Conac, les pratiques de corruption ont surtout cours dans la grande distribution, l’énergie ou l’exploitation des minerais, le secteur des BTP ou des forêts. « On note très souvent l’usage des surfacturations, le versement des pots-de-vin et des sommes d’argent à travers le dépôt des commissions occultes dans les paradis fiscaux ou dans des comptes privés des établissements financiers à l’abri de tout soupçon », a fait observé le Dr Dieudonné Massi Gams, président de la Conac.

Cet organe spécialisé dans la lutte contre la corruption souhaite ainsi avant tout, sensibiliser les sociétés et firmes nationales, internationales et multinationales sur les enjeux de la lutte contre la corruption dans le cadre du développement du Cameroun en les amenant à développer au sein de leur équipe, une véritable culture de l’intégrité; à agir contre la corruption sous toutes ses formes en adoptant des outils internes visant la promotion de l’intégrité validés au sommet de l’entreprise.
Pour résumer, quels que soient les moyens et outils utilisés, le combat contre la corruption continue au Cameroun.

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