Crise en République Centrafricaine : Paul Biya appelle à l’action

Une fois de plus, Paul Biya a démontré lors du 4ème Sommet Union Européenne-Afrique, sa détermination à vouloir préserver la paix et la sécurité aussi bien à l’intérieur de pays qu’aux frontières avec ses voisins, en l’occurrence la République Centrafricaine (RCA) aux prises avec une guerre civile depuis plusieurs mois. Le président camerounais s’est en effet montré très actif ces derniers temps dans la recherche de solutions pour aider ce pays à sortir de la grave crise. Cela d’autant plus que le Cameroun, en tant que voisin abritant sur son sol de nombreux réfugiés centrafricains, est fortement préoccupé par cette situation.

C’est pourquoi le président Biya a décidé, en marge de ce sommet qui a eu lieu à Bruxelles, la capitale belge, de recevoir en audience la Présidente de transition de Centrafrique, Catherine Samba-Panza. « Le Président Paul BIYA a tenu à me rencontrer pour s’enquérir de manière plus précise de ce qui prévaut réellement en République Centrafricaine et de la manière la plus efficace de nous aider à sortir de cette crise-là », a affirmé cette dernière à sa sortie de cette audience. Par ailleurs, depuis son arrivée à la tête de la transition, elle n’avait pas encore eu l’opportunité d’aller vers son « frère, le Président Paul BIYA pour profiter de son expérience de Chef d’Etat et pour échanger avec lui sur la situation préoccupante qui sévit en République Centrafricaine », a-t-elle ajouté tout en soulignant qu’elle a apprécié le fait que « les réfugiés centrafricains ont été accueillis avec fraternité au Cameroun ».

Il est vrai que le Cameroun est très engagé dans la recherche d’une sortie de crise en RCA. L’on a pu le constater, une fois de plus, lors de la réunion spéciale sur ce pays organisée durant le Sommet UE-Afrique. Réunion au cours de laquelle le Président Biya est intervenu en lançant un appel à l’action : « Nous devons agir (….). L’heure est à l’action » car « au regard de la violence qui persiste sur le terrain, il y a lieu d’en conclure que nos efforts pour sauver la RCA s’avèrent insuffisants » (…). Mettre fin à la guerre en RCA est un impératif catégorique. Il en va de la stabilité de tous les pays voisins, de toute la sous-région, de la paix en Afrique ».

Dans cette optique, le Chef de l’Etat camerounais a plaidé pour la lutte contre la prolifération et la circulation des armes légères et l’action des réseaux de blanchiment d’argent et de trafic de drogue. Il s’est également félicité de la « suggestion récente du Conseil de Sécurité de l’ONU de transformer la MISCA en une opération de maintien de la paix de grande ampleur, avec plus d’effectifs et de moyens » tout en rappelant que le Cameroun réclame une telle transformation depuis janvier 2014. Et d’ajouter que la stratégie régionale commune et les instruments juridiques adoptés lors du Sommet sur la Sûreté et la Sécurité maritimes dans le Golfe de Guinée, en juin dernier à Yaoundé, méritent d’être soutenus par la Communauté internationale.

Et pour cause, cette région de l’Afrique est réputée pour son important potentiel énergétique, la richesse de sa biodiversité et son importance géostratégique, des atouts qui l’exposent à la convoitise et à une insécurité chronique et grandissante (attaques et vols à main armée par de groupes organisés, détournements de tankers chargés de brut, sabotage de plate-forme d’exploitation pétrolière, enlèvements avec demande de rançon, etc.). Selon les experts, 70% des attaques dans le golfe de Guinée se déroulent dans les eaux territoriales nigérianes, à la frontière avec le Cameroun et touchent notamment les travailleurs étrangers. C’est pourquoi les deux pays –Nigeria et Cameroun– ont décidé d’unir leurs forces pour mener des actions concertées, notamment contre la secte islamiste Boko Haram très active ces derniers temps.

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