Diaspora camerounaise : un corps social d’élite courtisé par l’État

Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) a très récemment invité la diaspora entrepreneuriale à intégrer son association en qualité de membres-associés, conformément à ses statuts révisés et dont l’entrée en vigueur est prévue en début d’année prochaine. Dans une note à leur intention publiée ce 30 avril, le principal organe patronal du pays se dit convaincu de l’apport décisif de cette diaspora, dans un contexte de mobilisation des acteurs aussi bien locaux qu’internationaux en vue d’accélérer la croissance économique.

Cette initiative vient ainsi compléter la liste d’appels à l’endroit des Camerounais de l’étranger lancés notamment par le gouvernement. Des appels qui les uns après les autres depuis près de trois ans, n’ont cessé de les solliciter afin qu’ils s’impliquent davantage dans la vie économique du pays. L’apport de cette diaspora figure en effet dans tous les discours des officiels. Le Cameroun doit pour émerger, insiste le GICAM à l’image du président Biya, faire entendre sa voix et assurer le leadership naturel en Afrique centrale. Et pour ce faire, il a besoin de tous les créateurs de richesse.

Parmi les initiatives incitatives envers la diaspora camerounaise, l’on peut citer le cas du 1er Forum Économique et Commercial avec la Diaspora sur le thème : « La Diaspora camerounaise, un véritable acteur du développement ». Cette concertation, dans le sillage des actions structurelles de mobilisation de la diaspora camerounaise initiée par Paul Biya, amplifiée par la rencontre du 29 juillet 2009 à Paris, entre le Président de la République et les Camerounais de l’extérieur, avait pour objectif d’amener cette diaspora à participer de manière plus significative au développement économique et social du Cameroun.

Les Camerounais de l’extérieur estimés d’après le Ministère des Relations Extérieures, à plus de quatre millions, vivent et travaillent à l’étranger, dont plus de deux millions au Nigeria et près de sept cent mille aux États-Unis. Ces Camerounais, de par leurs qualités ou le travail qu’ils exercent, peuvent constituer une force pour le développement du pays au travers des transferts de fonds, de créations d’entreprises, de transferts de technologies et de savoir-faire, etc. Ainsi, les transferts d’argent que font les Camerounais de la diaspora sont évalués à environ sept milliards de FCFA par an. Ils servent surtout au soutien des familles restées au pays et au financement du petit commerce. D’après des chiffres en circulation, les Camerounais, chefs d’entreprises, installés légalement à l’étranger, dégagent à eux seuls un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 550 millions de dollars. Des sommes susceptibles de s’investir dans leur pays.

C’est pourquoi le président Biya a fait du dialogue avec la diaspora, une action indispensable de sa politique. Ainsi, régulièrement, il dépêche une mission gouvernementale pour sillonner l’Europe et l’Amérique à la rencontre de la diaspora camerounaise avec pour message principal : « On a besoin d’eux au pays pour y investir et construire le Cameroun. Ils peuvent également entrer en contact avec des investisseurs dans les pays où ils sont basés pour vanter les atouts de la nation, et demander aux investisseurs de venir s’y installer. ». C’est donc la principale attente du président Biya et de son gouvernement qui restent à l’écoute de sa diaspora.

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