Le Cameroun à la conquête des investisseurs britanniques

Entre 2009 et 2013, la Chine, la Corée du Sud, les Émirats Arabes Unis, l’Inde et le Brésil ont investi 1200 milliards de F CFA au Cameroun. Cet investissement concerne une quinzaine de projets touchant divers domaines comme l’énergie, la formation professionnelle, le logement social, le transport, les télécommunications et le sport. Mais le gouvernement de Paul Biya, qui a clairement opté pour une diversification de ses partenaires, n’entend pas se satisfaire de cette performance et envisage clairement d’explorer de nouvelles pistes de coopération. Ainsi, après avoir conquis les pays émergents, il se lance à l’assaut des investisseurs européens, en particulier les Britanniques.

L’opération de séduction envers les hommes d’affaires britanniques a d’ores et déjà commencé avec le premier Forum Cameroun – Royaume-Uni sur le commerce et les investissements qui a eu lieu à Londres du 7 au 9 mai dernier. Pour l’occasion, le premier ministre camerounais, Philemon Yang, a conduit une importante délégation comprenant 150 personnes parmi lesquelles neuf membres du gouvernement et des opérateurs économiques. Ce forum de Londres, initiative des gouvernements camerounais et britannique, a permis à 200 entreprises et représentants du gouvernement britannique d’explorer les nombreuses opportunités d’affaires qu’offre le pays de Paul Biya, notamment dans les secteurs de l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et le tourisme.

Par ailleurs, rappelons que le Cameroun a vu son PIB s’accroître en 2013, s’élevant à 5,5% contre 4,6% l’année précédente. C’est le constat fait par Mario de Zamaroczy, le chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) après son passage à Yaoundé début mai. Une croissance due entre autres à la récente évolution de la situation macro-économique du pays, à mettre sur le compte du niveau soutenu des dépenses d’équipement et de l’augmentation de la production pétrolière et de l’activité dans le secteur, selon le FMI. Pour autant, Paul Biya et son gouvernement n’envisagent aucunement de dormir sur leurs lauriers. Ils préparent un plan d’urgence en vue d’accélérer davantage cette croissance économique, notamment dans la perspective de l’Émergence à l’horizon 2035.

Et pour ce faire, ils misent sur une plus grande implication du secteur privé, la mise en place d’un meilleur climat des affaires, la modernisation de l’appareil de production, l’accélération de l’industrialisation du pays, etc. Ce plan d’urgence en préparation répond en réalité à l’interpellation du chef de l’État lors de son discours à la Nation le 31 décembre dernier. Paul Biya y relevait que le rythme actuel des efforts fournis par ses compatriotes était insuffisant pour porter le Cameroun vers l’émergence à l’horizon 2035.

Il semblerait que le gouvernement camerounais ait réussi sa mission dans la mesure où, selon la presse, les investisseurs britanniques ont montré un engouement certain pour les opportunités présentées par la délégation camerounaise. En effet, l’on constate depuis quelque temps que les investisseurs britanniques manifestent un intérêt de plus en plus marqué pour le Cameroun, notamment depuis la commission mixte Cameroun-Grande-Bretagne tenue également à Londres en 2013, et à laquelle ont pris part 150 entreprises britanniques. Et il y a de quoi!

 

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