Paul Biya au Sommet de Malabo : Pas de sécurité alimentaire sans de sécurité transfrontalière

Une fois de plus, Malabo la capitale équato-guinéenne, était les 26 et 27 juin dernier, l’hôte de nombreux chefs d’État et de gouvernements africains réunis pour le 23e Sommet de l’Union Africaine (UA) dont le thème était « l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique ». Parmi les présidents présents, Paul Biya, qui a activement pris part à ce Sommet, a insisté au cours de plusieurs entretiens avec certains de ses homologues, sur l’importance de la sécurité transfrontalière dans la lutte contre la faim en Afrique. Pour lui, il va sans dire que ce combat passe avant tout par la préservation de la paix sur l’ensemble du continent. Le président camerounais considère en effet que la sécurité des pays nourriciers du continent tels que le Nigeria et le Cameroun, est un préalable pour la lutte contre la faim. Il est donc primordial, selon lui, de sécuriser ces derniers pour booster la sécurité alimentaire, notamment en Afrique centrale.

Dans un contexte marqué par la menace terroriste de la secte islamique Boko Haram qui frappe le Nigéria par des attentats et enlèvements, et mène plusieurs incursions meurtrières au Niger et au Cameroun, la problématique sécuritaire a donc été au cœur des débats de cette 23e édition du Sommet de l’UA à Malabo. Ainsi, à l’image du chef de l’État camerounais, nombreux sont ceux qui ont reconnu qu’aucun développement agricole ne peut s’effectuer dans un climat de menace armée et de pillage en bandes organisées. Cela d’autant plus que l’agriculture reste l’une des principales sources de la croissance pour plusieurs pays africains. Paul Biya et les chefs d’État et de gouvernement africains présents à Malabo ont donc tous reconnu la proximité des thèmes de sécurité et de sécurité alimentaire.

L’Afrique est une vaste prairie en friche et sous-productive, non pas par manque de terres et de cultivateurs mais plutôt à cause des problèmes de l’insécurité sous ses diverses formes. Ce qui ralentit lourdement la mise en place d’une véritable agriculture intensive capable de mettre l’Afrique à l’abri de la faim. Au niveau de la sous-région, le Cameroun de Paul Biya est le principal grenier de l’Afrique centrale. Ce n’est un secret pour personne que ce sont les agriculteurs camerounais qui « nourrissent » les pays voisins comme le Gabon et la Guinée équatoriale. Selon des estimations, 40% des produits comme le plantain, la banane, le macabo, les ignames et la tomate vendus dans ces deux pays, proviennent du Cameroun. Ainsi, au plan de la sécurité alimentaire, le Cameroun est la mamelle nourricière de l’Afrique centrale, tout comme son voisin, le géant économique le Nigéria reste la locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest.

En somme, l’Union africaine a vite compris que l’insécurité transfrontalière au Cameroun et au Nigéria, met en péril l’essor agricole de ces deux pays-là ainsi que celui d’une grande partie du continent africain. Car comme n’a cessé de le marteler le président Biya lors de ce sommet, la sécurité alimentaire passe par la sécurité transfrontalière et donc par la lutte commune contre Boko Haram, le grand banditisme et toutes les autres entités terroristes qui fragilisent certains États africains.

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