Cameroun : les médias abusent-ils de leur liberté ?

L’ambassadrice de France à Yaoundé, Christine Robichon, vient de publier un communiqué de presse dans lequel elle dément tout lien de son pays avec Boko Haram, visant à déstabiliser le Cameroun dans le but de renverser le président Paul Biya qui serait, avec plus de 32 ans de pouvoir, épuisé. Non, ce n’est pas une farce! Depuis quelques semaines, certains médias camerounais (presse écrite, radios et télévisions confondues) n’ont cessé de porter des accusations saugrenues contre la France selon lesquelles, cette dernière soutiendrait et financerait la secte islamiste Boko Haram qui sévit dans le nord du Cameroun.

Pour ces médias, l’ancienne puissance coloniale voit d’un mauvais œil les portes du marché économique camerounais et africain en général, se fermer sous leurs pieds. Ils s’appuient sur les gros contrats signés avec l’Asie et plus particulièrement la Chine (ce qui rendrait la France «jalouse »), pour étayer leurs thèses, allant jusqu’à faire le rapprochement avec la crise ivoirienne en se basant sur les attaques et incursions de Boko Haram,de plus en plus récurrentes en territoire camerounais. À cela, s’ajoutent la visite de François Hollande au Tchad et le lancement de l’opération Barkhane.

Dans son démenti, Christine Robichon précise que son pays soutient celui de Paul Biyadans sa croisade contre la secte islamiste : « À la suite de certaines informations de presse dénuées de tout fondement, l’ambassade de France à Yaoundé souhaite rappeler la position française constante relative à Boko Haram. La France condamne avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées par le mouvement terroriste Boko Haram dans le nord du Cameroun, à proximité de la frontière nigériane. La France réitère aux autorités camerounaises sa solidarité dans la lutte contre le terrorisme, dans le respect des droits de l’Homme. Elle souhaite rendre hommage aux soldats camerounais tombés dans les combats contre Boko Haram, et s’associe au deuil des familles des victimes civiles et militaires du terrorisme ».

Ce type d’accusations de la part de certains médias camerounais n’est pas nouveau. D’habitude, ils les réservent au pouvoir en place. En effet, ces médias qui bénéficient d’une rare liberté de ton, n’hésitent pas à critiquer et invectiver sans aucune retenue le pouvoir en place, en particulier le chef de l’État, sans craindre d’être réprimandés. D’une manière générale, les médias et l’ensemble des Camerounais se sentent ainsi entièrement libres de parler de tout et partout. Et cela, grâce à un homme, Paul Biya qui, en soumettant à l’Assemblée nationale le projet de loi libéralisant le secteur de l’audiovisuel autour des années 90, a fait que la liberté de la presse au Cameroun aujourd’hui est une réalité vivante.

Ainsi, le président Biya, quoi qu’en disent certains, est reconnu comme l’homme qui aura apporté la liberté de la presse à son pays. Une liberté de la presse qui est manifeste dans le contenu des journaux devenus très critiques au point qu’il y a souvent des dérapages comme c’est le cas ici. Autant les journaux créés ou animés par des professionnels formés à bonne école se distinguent par la maîtrise des techniques rédactionnelles et des règles déontologiques, autant d’autres, notamment la presse privée ont encore pour péché mignon la tendance trop marquée dans la diffusion des opinions, accordant peu de place à l’investigation et au sacro-saint principe de vérification des faits.

Au-delà donc du problème de formation et de professionnalisme, certains journaux ne semblent pas encore comprendre que la liberté de presse s’accompagne de responsabilités pour les journalistes. Autrement dit, un journaliste n’a pas le droit d’écrire ou de publier n’importe quoi au nom de la liberté d’expression. Il doit faire preuve de rigueur en se basant sur des faits, en vérifiant et en contre-vérifiant ses sources. Or, la course au sensationnalisme et au gain conduit certains directeurs de publication à ignorer ces principes. Ils insultent et diffament les gens. Ainsi, sans la moindre vérification et la moindre preuve, un journal peut porter des accusations aussi graves que celles proférées contre la France.

Une réflexion au sujet de « Cameroun : les médias abusent-ils de leur liberté ? »

  1. monsieur j-daniel,que faisaient les 3 militaires français à kolofata,3jours avant les attaques aout 2014? nous avons vu le long des frontieres des aeronefs français parachuter des armes a boko haram…il ya beaucoup d’autres projets destabilisation,dont nous sommes au courant dans le grand nord cameroun.mais les medias occidetaux peuvent se permettre le droit de librement mentir ,se faire l’avocat du diable pour  »la theorie du chaos »en afrique n’est-ce-pas? avec des pretextes falacieux: democratie,droits de l’homme,bonne gouvernance,…etc quel mensonge au sujet de la côte d’ivoire,quelles manipulations au travers de ces medias occidentaux? cependant nos medias africains doivent rester bouche beé ou bien reprendre les info de l’afp,reuters…

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