Le Cameroun et son image

L’article publié le 4 novembre sur le site Internet de icicemac.com et intitulé « Cameroun, à la recherche de son image perdue » a de quoi laisser perplexe. Dans son article, le journaliste Cyrille Ekwalla critique le reportage du journaliste Sébastien Tanguay du Quotidien Métro (un quotidien de Montréal) en affirmant qu’il relève du publireportage, c’est-à-dire que le journaliste aurait été payé par le gouvernement du Cameroun pour écrire ce que les autorités camerounaises veulent entendre.

À moins d’avoir très mal lu l’article de Sébastien Tanguay, on semble être très loin du publireportage. Il est vrai que le journaliste a indiqué en toutes lettres à la fin de son article que ses frais de voyage ont été payés par le gouvernement du Cameroun. Mais on ne peut pas se baser uniquement sur cette phrase pour déduire qu’il s’agit d’un publireportage destiné à embellir une réalité. Toutes les rédactions des quotidiens au Canada, dans pareille situation, doivent indiquer clairement « qui » a payé les frais de ce voyage. De plus, quand on se donne la peine de lire l’article, on réalise rapidement qu’il ne peut s’agir de publireportage. Je vous donne deux exemples. Le journaliste Sébastien Tanguay écrit :

« Le chemin qui mènera le peuple camerounais vers son émergence est encore obstrué par de petites humiliations quotidiennes, faites d’abus de pouvoir et de justice à la poche creuse, échos de la voracité insolente qui fut longtemps la marque de commerce des élites du pays ».

Outre cette citation, on y retrouve aussi deux autres encadrés intitulés « C’est comme une prison ici » ou encore « Privatisation de la SONEL ç’a été une erreur ». Il s’agit de textes plutôt critiques qui n’auraient jamais été tolérés par un client dans un publireportage puisque le mot le dit, il s’agit d’abord et avant tout d’une publicité. Dans ce cas-ci, il faut donc en déduire qu’il s’agit plutôt d’un « voyage de presse », défrayé par le gouvernement du Cameroun il est vrai, mais où les journalistes ont conservé toute leur liberté éditoriale.

L’autre grande question soulevée par le journaliste Cyrille Ekwalla tient au choix du gouvernement camerounais d’inviter le Quotidien Métro. On peut effectivement aimer ou ne pas aimer ce choix, chacun est libre de ses opinions. Toutefois, il faut souligner que le Métro est le second quotidien le plus lu dans la région métropolitaine de Montréal avec 895 000 lecteurs. Ce fait s’explique aisément. Bon nombre de personnes, qu’elles soient employées, cadres ou investisseurs, préfèrent prendre le métro matin et soir plutôt que l’automobile pour se rendre au centre-ville de Montréal. Quant à son lectorat, il faut souligner que près d’un lecteur sur deux de ce quotidien a un diplôme universitaire et que près d’un lecteur sur trois est cadre dans une entreprise. Quand vous combinez le nombre de lecteurs et la clientèle de ce journal, la justification de ce choix me semble évidente.

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