Le « faux débat » sur l’absence de Paul Biya du sommet de l’UA

« Alors que Paul Biya du Cameroun venait d’appeler à la mobilisation « globale » contre la secte islamiste Boko Haram, il s’est illustré par son absence à Addis Abeba à la rencontre continentale entre les chefs d’État Africains des 30 et 31 janvier 2015. Les enjeux de l’heure  semblaient obliger le dirigeant camerounais à assister à cette rencontre, même s’il est vrai qu’il a toujours envoyé ses sbires ou mieux encore adopté la politique de la chaise vide. », peut-on lire sur un des nombreux sites consacrés à la diaspora camerounaise. Une fois de plus, l’on a à faire à un de ces nouveaux pseudos médias en ligne que beaucoup de Camerounais de l’étranger connaissent bien. En effet, depuis quelque temps, l’on remarque un phénomène de mode si l’on peut dire, qui consiste à s’improviser ou s’autoproclamer journaliste en ligne pour critiquer ou donner des leçons de gouvernance à un président de la République, sans même avoir une réelle expérience de la gestion et de la gouvernance politique. Ces quidams se donnent ainsi une importance qu’ils n’ont pas.

D’autant plus que dans le cas présent, le contexte africain marqué par les crises sécuritaires dans les pays comme le Cameroun, le Nigeria, le Mali ou encore la République démocratique du Congo (RDC) justifie l’absence de leurs présidents à ce sommet. C’est dire donc que Paul Biya n’était pas le seul absent du 24e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Ainsi, Goodluck Jonathan, le président nigérian n’était pas non plus de la partie à Addis-Abeba. À deux semaines de la présidentielle, prévue le samedi 14 février, où il se représente pour sa réélection, et face à la menace de la secte islamiste Boko Haram qui ne cesse d’étendre sa toile dans le bassin du lac Tchad, il a préféré rester au Nigeria et poursuivre son combat. Même si cette question était une des priorités de ce sommet.

Comme Goodluck Jonathan, Paul Biya dont le pays est également en première ligne dans la lutte contre le groupe terroriste qui multiplie les assauts meurtriers depuis des mois dans le nord du Cameroun, au point où il a dû mi-janvier, appeler l’armée tchadienne à l’aide, est particulièrement occupé à assurer la sécurité sur son territoire. De même, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali dit IBK, a été contraint à la dernière minute, de se rendre à Gao, dans le Nord du pays, afin de marquer son soutien à la Minusma, la force de l’ONU au Mali et apaiser les tensions qui y règnent depuis quelques jours. En effet, le 27 janvier, trois civils avaient été tués au cours d’une violente manifestation contre la mission onusienne à Gao. Les manifestants, qui dénonçaient un accord favorisant les rebelles, avaient finalement obtenu le retrait du texte une semaine plus tard. Le président de la RDC Joseph Kabila a, lui aussi, été retenu par les affaires internes. Il traverse actuellement une zone de turbulences (plusieurs jours de violentes manifestations à Kinshasa et Goma) à cause de son projet de loi électorale controversée.

En conclusion : encore beaucoup de bruit pour rien de la part de pseudo médias en ligne qui en réalité constituent une véritable mascarade.

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