Le chômage des jeunes au cœur des préoccupations de Paul Biya

Le président Biya s’est adressé à la jeunesse de son pays ce 10 février à Yaoundé dans un discours où il est longuement revenu sur le chômage des jeunes Camerounais. Une fois de plus, l’on a pu constater que ce sujet le préoccupe au plus haut niveau. Rappelons que les jeunes représentent la moitié de la population camerounaise. Des jeunes qui malgré leurs diplômes d’enseignement supérieur ont des difficultés à trouver un emploi. Cette situation que le journal Jeune Afrique qualifie de « péril jeune », inquiète les autorités camerounaises car cette jeunesse désœuvrée, frustrée et aux abois, représente une véritable bombe à retardement pour la société camerounaise tout entière. C’est pourquoi il devient impératif de faire face à cette menace de plus en plus préoccupante.

Le gouvernement et le chef de l’État l’ont bien compris et ont décidé de prendre le problème à bras le corps et d’en faire leur priorité numéro un en lançant un certain nombre d’initiatives qui semblent avoir porté leurs fruits. « 283 443 emplois ont été créés par les administrations et les services. Pour l’année 2015, nous prévoyons la création de 350 000 emplois nouveaux », a ainsi souligné Paul Biya à l’occasion de la 49e édition de la Fête Nationale de la Jeunesse.

Mais le président camerounais veut aller encore plus loin en s’attaquant à la racine du mal, à savoir le système d’enseignement inadapté au marché du travail et plus précisément « l’orientation tardive du système éducatif vers la professionnalisation ». C’est pourquoi, il préconise « d’accentuer la formation des techniciens et des ingénieurs » afin de « redonner au travail manuel, qui fait figure de parent pauvre, la place qu’il mérite » car comme il le souligne, « l’artisanatet les petites entreprises occupent encore chez nous une grande place. Il est indispensable, dans ces conditions, d’avoir de meilleures structures de formation dans les filières qui préparent nos jeunes à ces métiers.Ces secteurs sont de vraies niches de croissance et d’emplois qualifiés, tels que plombier, électricien, mécanicien auto et industriel, etc.».

En effet, pendant longtemps, le système éducatif camerounais a longtemps valorisé l’enseignement général. Résultat : beaucoup de jeunes Camerounais sont aujourd’hui à la traîne comparés aux ouvriers qualifiés nationaux ou étrangers qui, grâce à leur formation professionnelle, ont plus à offrir aux entreprises privées, publiques ou parapubliques. En 2003 par exemple, les entreprises chargées de la réalisation du gigantesque projet Pipeline Tchad-Cameroun, incapables de trouver des techniciens soudeurs parmi les Camerounais, ont été obligées de faire appel aux soudeurs colombiens. Les Camerounais sont ainsi passés à côté des emplois bien rémunérés. Il s’agit là d’un exemple très révélateur d’une réalité bien connue dans le pays et que le président Biya tente de changer en faisant également la promotion de l’auto-emploi. Par ailleurs, il a particulièrement insisté sur un autre point qui lui paraît essentiel, à savoir la mise en place des incitations à la création d’entreprises ou micro-entreprises par le secteur privé et les jeunes entrepreneurs. Il a ainsi incité les jeunes à créer leur propre emploi à travers la création des PMEs, des microprojets qu’il encourage le gouvernement à financer.

Cependant, tous ces résultats ne pourront être possibles que dans un contexte de paix, d’où l’appel aux jeunes à ne pas prêter l’oreille aux sirènes de la déstabilisation. «Vous devez surtout vous défier des chants trompeurs des oiseaux de mauvais augure, ces marchands d’illusion qui n’ont pour projet que la déstabilisation via les réseaux sociaux. Ces prophètes irresponsables cherchent de façon évidente à vous instrumentaliser.», a conclu Paul Biya.

2 réflexions au sujet de « Le chômage des jeunes au cœur des préoccupations de Paul Biya »

  1. Le chômage des jeunes au Cameroun est tributaire de l’absence injustifiée de structures de production susceptibles d’absorber cette main-d’oeuvre disponible et sans cesse croissante. La création des Sociétés de production et la formation professionnelle adéquate sont quelques unes des solutions pour la réduction du chômage au Cameroun.

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