Sommet extraordinaire de la COPAX à Yaoundé : comment éradiquer Boko Haram ?

« Il nous faut éradiquer Boko Haram »,a réaffirmé Paul Biya devant ses homologues venus assister au Sommet extraordinaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale (COPAX) organisé ce lundi 16 février à Yaoundé, la capitale camerounaise, sous l’égide de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). « Il nous faut mettre un terme aux actions et agissements des mouvements terroristes. », a rajouté le président camerounais pour qui : « Il y a d’un côté, le nôtre, lestenants d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme, dont ceux de religion, ainsi que la démocratie représentative. Et de l’autre côté, c’est-à-dire du côté de Boko Haram et des mouvements qui lui ressemblent, il y a les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique, sans considération aucune de la dignité humaine. Vous en conviendrez avec moi, il y a une totale incompatibilité entre ces deux modèles de société. Et partant une totale impossibilité de compromis. ». Pour autant, Paul Biya a tenu àrappeler que la lutte engagée contre le terrorisme n’était pas « une croisade contre l’islam».

L’objectif principal de ce Sommet était donc naturellement d’organiser une riposte coalisée pour « mettre un terme aux actions et agissements des mouvements terroristes », a souligné le président Biya qui a également rendu « un hommage fraternel au président Idriss Deby » qui « a pris la décision courageuse, en signe de solidarité, de nous envoyer, en renfort, un important contingent de soldats tchadiens ». Ainsi, étaient présents à ce Sommet autour du président Biya, Idriss Deby (Tchad), Ali Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Équatoriale) et Catherine Samba Panza (Centrafrique), ainsi que des délégations venues de République démocratique du Congo, de Sao Tomé et Principe, du Burundi et de l’Angola. Le Nigeria, bien que principalement touché par les actes terroristes de Boko Haram, était absent, car, entre autres, il ne fait pas partie de la CEEAC.

C’est pourquoi, selon le communiqué final, les pays de la CEEAC « convaincus du rôle crucial que devrait jouer la République Fédérale du Nigéria dans la lutte contre Boko Haram, ont décidé de mener des actions politico-diplomatiques en sa direction en vue d’accroître leur coopération. Ils ont chargé les Chefs d’État de Guinée Équatoriale et du Congo de se rapprocher du Président de la République Fédérale du Nigéria à cet effet ». Ils ont en outre encouragé « particulièrement » le Nigeria « à accroître les synergies avec les autres pays du bassin du Lac Tchad », tout en soulignant la « coopération exemplaire » du Tchad et du Cameroun dans ce domaine.

Mais plus que tout, les Chefs d’État ont adopté à la clôture des travaux, la Déclaration de Yaoundé qui « consacre, sans équivoque, leurs engagements en matière de lutte contre le groupe terroriste ». Ainsi, ils se sont notamment engagés à, « apporter dans l’immédiat un soutien actif […] au Cameroun, au Tchad et à tout autre Etat membre de la Communauté qui serait affecté par les actions du groupe terroriste Boko Haram, notamment l’assistance militaire, financière, logistique et humanitaire ». Cela se traduit entre autres, par une aide d’urgence d’un montant de 50 milliards de Francs CFA. De même, il a été convenu de « renforcer la surveillance de leurs territoires respectifs et de mener des actions se sensibilisation et communication au profit de leurs populations pour réduire les risques d’infiltration des membres de Boko Haram à l’intérieur des frontières de leur sous-région et couper leurs réseaux de ravitaillement ».

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