Paul Biya et la France : Des relations prétendument tendues

Médiapart.fr, un média français en ligne, a récemment publié un article sur les relations franco-camerounaises qui se seraient selon son auteur, beaucoup détériorées ces dernières années. Et pour affirmer cela, il s’appuie sur trois exemples précis qu’il présente comme des preuves alors qu’il ne s’agit là que de spéculations. Une fois de plus! Ainsi, selon cet article, les signes ne trompent pas, à commencer par le prétendu accueil glacial qu’a reçu l’ambassadrice de France au Cameroun, Christine Robichon, lorsqu’elle s’est jointe fin février 2015, à une marche organisée à Yaoundé pour dénoncer les exactions de Boko Haram dans le nord du pays. Elle aurait été accueillie avec des sifflets et des slogans anti-français. « La France dehors », « On ne veut pas la France », auraient crié des manifestants. Aussi, le fait que cette même ambassadrice ne soit pas venue « à la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de début d’année réunissant tous les diplomates et le président Paul Biya » alors « qu’aucun ambassadeur de France n’avait jamais manqué ce rendez-vous». Ce qui constitue évidemment un signe sur « la détérioration spectaculaire des relations entre la France et le Cameroun ».

Par ailleurs, l’article poursuit dans sa lignée en affirmant que « rien ne va plus entre Paris et Yaoundé depuis, précisément, que Biya a compris que la France voulait le pousser vers la sortie. La rupture est apparue au grand jour, fin 2011, après la dernière élection présidentielle : plusieurs messages des autorités françaises ont montré une prise de distance. Le président français Nicolas Sarkozy a ensuite mis trois semaines avant de féliciter Biya pour sa réélection. ». Il présente cela comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort pour le Cameroun avant de conclure par ce qui lui semble être la raison de la « brouille » entre les deux pays : « Biya s’est trouvé d’autres alliés. En quelques années, la Chine, où il s’est rendu en 2011, est devenue le premier client, fournisseur et bailleur de fonds du Cameroun. D’importants contrats pour la construction d’infrastructures ont été attribués à des entreprises chinoises. Sur le plan militaire, le président camerounais est aussi allé voir ailleurs. En janvier dernier, la Russie a annoncé qu’elle allait fournir des armes au Cameroun. Ces alliances ne peuvent qu’être contrariantes pour Paris ». Bref, l’article sous-entend que le Cameroun défend moins les intérêts de la France. Si c’est réellement le cas, c’est une bonne nouvelle pour le Cameroun qui peut ainsi se vanter d’avoir un président qui place ses intérêts en premier avant ceux d’un autre pays. Par ailleurs, doit-on rappeler que Paul Biya est un président élu démocratiquement et que le Cameroun est un pays souverain?

Et même si toutes ces spéculations s’avéraient être vraies, l’on a envie de dire : Et alors? Cela change quoi? En quoi le maintien au pouvoir de Paul Biya dépend des bonnes relations que le Cameroun peut entretenir avec la France? Il est plus que temps que les Africains se débarrassent de cette mentalité de colonisé qui finit par faire de la peine. Finalement, l’on peut affirmer que toutes ces spéculations sont basées sur des indices trompeurs et qu’en se basant sur d’autres indices, l’on peut, à notre tour, montrer qu’au contraire les relations entre le Cameroun et la France sont au beau fixe et que le reste n’est que spéculation. Pour preuve, cette citation extraite du même article : « Lors d’une visite à Yaoundé en février 2015, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius a répété que la France était « l’amie du Cameroun ». Autre indice positif : Paul Biya a été invité aux deux sommets de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique, en décembre 2013 et mai 2014 à Paris.

 

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