Cameroun : Élucubrations autour d’une prétendue cellule d’informateurs du président Biya

« Depuis son accession à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982, Paul Biya a mis en disgrâce plusieurs de ses ministres, directeurs généraux grâce aux fiches de renseignement qui lui sont parvenues au sujet de leurs malversations. », peut-on lire sur un de nombreux sites consacrés à la diaspora camerounaise. Des sites où des gens qui s’improvisent ou s’autoproclament journalistes, distillent des informations complètement délirantes en se cachant derrière des soi-disant analystes politiques et en pratiquant un de leurs exercices favoris qui consiste à critiquer le président camerounais.

Voici donc un texte qui ne déroge pas à la règle et où l’auteur s’appuie sur l’histoire coloniale du Cameroun pour accuser le président Biya d’entretenir une cellule d’informateurs lui permettant d’éliminer des pseudos rivaux :

« En Afrique et avant les indépendances, le pouvoir colonialiste des Français qui dirigeaient l’Afrique ont compris que les meilleurs renseignements qu’ils pourraient avoir des noirs proviendraient de leurs frères noirs. Des tensions dans les relations qui ont favorisé des divisions, des trahisons, des rancœurs et la concurrence. Les indigènes dans leur asservissement par le blanc se mettaient à trahir leurs frères pour être bien vus aux yeux du colon. Ce qui a permis à certains de se retrouver gouverneur, préfet, patron de la police coloniale, grands chefs des tribus, etc. Au Cameroun et au sein du régime en place, les meilleurs informateurs de Paul Biya sont les Camerounais ressortissants des mêmes localités que ses ministres et directeurs généraux. Beaucoup ont été remplacés à leurs postes par leurs frères grâce aux bulletins de renseignement remis au chef de l’État.».

En résumé : encore une fois, beaucoup de bruit pour rien de la part de ces pseudo journalistes qui en réalité, constituent une véritable mascarade car ils ne font que brasser du vent. Ainsi, lorsqu’ils parlent de ministres et directeurs généraux tombés en disgrâce à cause de leurs malversations, ils font sans aucun doute allusion à l’Opération Épervier que certains de détracteurs de Paul Biya qualifient de règlement de comptes politiques visant à éliminer des adversaires politiques. Mais doit-on rappeler que la justice au Cameroun est indépendante?

Par ailleurs, le président Biya n’a jamais cessé d’affirmer sa détermination à combattre ce fléau de la corruption, « sans complaisance, sans discrimination, indépendamment du statut social ou de l’appartenance politique des personnes incriminées ». Dès les premiers moments de son accession à la tête de l’État camerounais, Paul Biya s’était engagé selon ses propres termes, à « la réduire à sa plus simple expression ». Et il est passé de la parole aux actes après une longue période de pédagogie commencée dès 1982 avec le grand dispositif institutionnel mis en place depuis.

L’on peut ainsi citer la création en 2001 de l’Agence de Régulation des Marchés publics (ARMP) chargée de la régulation, du suivi et de l’évaluation du système des marchés publics; de l’Agence Nationale d’Investigation financière (ANIF) créée en 2005 avec comme mission de lutter contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme; de la Chambre des Comptes qui, depuis 2007, s’occupe de la régulation des comptes de l’Administration publique et de ses démembrements ou encore de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) qui est chargée depuis sa création en 2006, de suivre et d’évaluer l’application effective du plan gouvernemental de lutte contre la corruption.

En somme, le combat de Paul Biya contre la corruption ne date pas d’aujourd’hui et on est bien loin de la vendetta personnelle décrite dans ce texte.

 

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