Paul Biya recevant François Hollande : « La culture démocratique est bien ancrée au Cameroun »

Lors de sa visite au Cameroun ce 3 juillet, le président français François Hollande a été reçu au Palais de l’Unité pour un diner offert en son honneur par Paul Biya. Dans son toast de bienvenue, le chef d’État camerounais s’est attardé, entre autres, sur « la culture démocratique qui s’enracine profondément au Cameroun ».

« Comment ne pas évoquer les progrès significatifs que nous avons accomplis dans la promotion de la démocratie, de l’État, de la liberté d’expression, de la protection des droits de l’homme. Nous avons également procédé à la mise en place progressive d’institutions crédibles. », a-t-il proclamé.

En effet, la politique volontariste du président Biya, n’en déplaise à ses détracteurs, n’est plus à démontrer en matière de démocratie. Et pour cause! Le Cameroun d’aujourd’hui est très loin de celui d’il y a quelques années, tant le pays a évolué ces deux dernières décennies. L’on peut citer en exemple la réapparition du multipartisme intégral en 1990 suite à l’adoption des lois sur la liberté d’association. Ce retour du pluralisme politique s’est ainsi traduit par la naissance de plus de 200 formations politiques et la fin du système du parti dit unifié censé regrouper toutes les sensibilités politiques dans le but de renforcer l’unité nationale.

Et depuis lors, plusieurs élections législatives et municipales ont été organisées dans le pays. Elles ont permis à un certain nombre de partis de disposer de députés à l’Assemblée nationale et des conseillers municipaux. La dernière élection date de 2013. Il s’agit d’élections sénatoriales remportées par le RDPC et le SDF qui étaient en lice avec quatre autres partis politiques dans les 10 régions du pays. Ces deux partis se sont ainsi partagé les 70 sièges de sénateurs mis en compétition, à raison de 7 par région. 30 autres sénateurs ont été désignés par le président Biya, portant à 100 le nombre total des membres de la Chambre haute du parlement. Cette élection a donc permis au Cameroun de se doter d’un des organes prévus par sa Constitution de 1996.

Afin d’encadrer tout ce processus électoral, le président Biya a créé en 2008, en remplacement de l’Observatoire national des élections (ONEL), Elecam, une structure autonome chargée d’organiser et de gérer l’ensemble du processus électoral. Chargé d’observer le processus électoral et d’attirer l’attention des autorités administratives sur les dysfonctionnements et les problèmes qui pouvaient se poser, ONEL avait été mis en place pour mettre fin aux contestations sur les consultations électorales venant de certains partis politiques. Jugeant son travail insuffisant, Paul Biya l’a alors remplacé par Elecam. Cette institution s’est depuis acquittée au mieux de sa tâche avec l’organisation de la présidentielle de 2011, la refonte biométrique des listes électorales afin de fiabiliser le fichier électoral en éliminant les inscriptions multiples ou fictives, et donc combattre la fraude électorale, la production et distribution des cartes d’électeur, etc.

« Mais comme en toute chose, cet apprentissage qui a duré des siècles dans les vieilles démocraties, ne se fait pas sans anicroche. », a conclu Paul Biya comme pour affirmer que certes la culture démocratique est bien ancrée au Cameroun mais il reste toujours des progrès à faire comme partout ailleurs.

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