« François Hollande doit faire partir Paul Biya » : l’Upc dans l’embarras

Dans son édition de lundi 10 août, le site d’information koaci.com a révélé que l’Upc, parti camerounais de l’opposition, a déposé un mémorandum dans les services de l’ambassade de France Search France au Cameroun, pour que le président français François Hollande intervienne afin que son homologue Paul Biya ne se représente pas à l’élection présidentielle de 2018.

« Nous avons souhaité que l’Hexagone intercède auprès de son ami du Cameroun pour éviter tout débordement qui pourrait découler de la participation de Paul Biya à cette échéance. Nous avons aussi demandé à Hollande d’intercéder auprès de son homologue pour le dialogue entre le personnel politique du Cameroun, soit sans délai implémenté dans le but d’éviter toute violence. Car nous sommes un parti qui veut le pouvoir et nous sommes prêts à contrer la candidature de Paul Biya », peut-on lire dans ce mémorandum écrit, semble-t-il, par les dirigeants de l’Upc selon le journal.

Cette demande s’inscrit dans la lignée de comportement irresponsable d’une frange de la diaspora camerounaise qui, en mal de publicité, envoie des lettres aux institutions internationales comme les Nations-Unis ou au président américain Barack Obama pour réclamer le départ de Paul Biya. Il ne s’agit donc pas d’un acte isolé. Mais c’est la première fois qu’un parti politique, officiellement reconnu de surcroît, pose un acte aussi désespéré. Cela d’autant plus qu’on ne voit pas comment François Hollande, président d’un pays, pourrait répondre favorablement à leur demande en intervenant dans la politique nationale d’un homologue qui rappelons-le, a été élu démocratiquement. Et donc, à moins d’avoir recours à la violence, c’est aux Camerounais de décider démocratiquement qui doit les gouverner.

Comme nous l’affirmons tantôt, on observe depuis quelques années, une tendance chez certaines associations ou membres de la diaspora camerounaise, qui consiste à lancer au nom du peuple camerounais des appels qui se résument en une seule phrase : « Paul Biya doit partir ». Ces associations connues pour leur manque de crédibilité, passent leur temps à critiquer Paul Biya et sa politique sans rien proposer en échange. Au contraire, leurs critiques incessantes sont devenues au fil du temps leur programme politique. Elles disparaissent et reviennent sporadiquement – car elles ont beaucoup de difficulté malgré ce qu’elles laissent entendre, à rassembler du monde autour d’elles. La majorité des membres de la diaspora camerounaise étant parfaitement consciente du manque de sérieux de leurs actions ou plutôt de leur manque d’actions, ne les soutiennent pas. C’est la première fois qu’un parti politique officiel pose, comme ces dernières, un acte aussi irresponsable. Car comment peut-on aimer son pays, vouloir défendre ses intérêts et demander à une puissance étrangère d’intervenir dans les affaires de ce pays?

C’est sans doute pour cette raison que l’Upc, très embarrassé par la révélation de cette nouvelle, s’est empressé de réagir avec un démenti trois jours après sa publication par koaci.com. En effet, le même journal nous apprend que le Pr Charly Gabriel Mbock, secrétaire à la propagande et à la communication du parti, a démenti cette information via une note qui leur a été envoyée, tout en confirmant cependant « avoir adressé un mémorandum, au président de la République française à l’occasion de sa visite d’État au Cameroun, le 3 juillet 2015 ». Les responsables de l’Upc ont ainsi affirmé être « viscéralement attachés à la souveraineté du Cameroun » et donc «  une intervention du président français pour que Biya ne se représente plus irait totalement à l’encontre des valeurs et de l’idéologie de l’UPC », poursuit koaci.com.

Une réflexion au sujet de « « François Hollande doit faire partir Paul Biya » : l’Upc dans l’embarras »

  1. Ce n’est pas vrai ce qui est dit là! est-ce qu’il revient aux pays étrangers de venir régler nos problèmes internes?
    J’aimerai en savoir d’avantage.

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