Presse française : une campagne douteuse sur les Droits de l’homme au pays de Paul Biya

Une fois de plus, la presse française revient à la charge avec l’affaire de cette avocate franco-camerounaise Lydienne Yen-Eyoum condamnée à 25 ans de prison en septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial (TCS), une juridiction spécialisée dans la répression de la grande corruption au Cameroun. Une condamnation confirmée le 9 juin dernier par la Cour suprême. Mariée à un Français, ex-directeur d’une banque française au Cameroun, Mme Eyoum qui a obtenu la nationalité française en septembre 2010 durant sa détention, a été inculpée en 2010. Elle était accusée d’avoir fait pratiquer une saisie-attribution d’une somme d’un peu plus de 2 milliards de F CFA (près de 4 millions de dollars) dans le compte de la Société Générale de Banque du Cameroun (SGBC) domicilié à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Une somme que la BEAC a virée dans son compte personnel selon des documents officiels. Mais pour ses avocats et une certaine presse française, elle ferait partie de nombreuses personnes, parmi lesquelles des anciens ministres et hauts responsables de l’État interpellées dans le cadre de l’opération Épervier, qui seraient victimes de règlements de comptes de nature politique.

Dans les faits, la réalité est tout autre. En effet, la Franco-Camerounaise a été accusée et condamnée pour détournement de deniers publics dans une affaire relevant de droit commun. Certes, cette affaire fait partie de la suite logique de la lutte engagée par le chef de l’État camerounais Paul Biya contre la corruption et le détournement des deniers publics avec sa politique de « tolérance zéro ». Mais la culpabilité de Lydienne Yen-Eyoum a été établie par la justice qui nous le rappelons, est entièrement indépendante. N’en déplaise à cette presse et à ses avocats qui ont engagé une procédure en France pour détention arbitraire, torture et actes de barbarie et ne cessent d’appeler le président François Hollande à agir pour inciter son homologue camerounais Paul Biya à intervenir afin de la faire libérer.

Le Président Hollande l’a certainement fait lors de sa dernière visite au Cameroun, puisqu’il a déclaré au cours d’une conférence de presse qu’il parle de tout avec le Président Biya. Et nul doute que le chef de l’État camerounais a dû lui dire que c’est une affaire qui relève de la justice camerounaise.

Quoi qu’il en soit, Mme Yen-Eyoum n’a pas à bénéficier d’un statut particulier sous prétexte qu’elle est Française. C’est la même justice pour tous! N’est-ce pas normal dès lors qu’on est accusé d’avoir commis un crime qu’on réponde de ses actes en étant jugé comme n’importe quel citoyen? Pourquoi devrait-elle bénéficier d’un statut particulier sous prétexte qu’elle est Française? C’est à se demander si la justice est réellement libre en France car autrement, comment pourrait-on demander à un président d’intervenir pour faire changer une décision de justice à moins que les Français se placent au dessus des autres citoyens du monde? Ont-ils plus de droits que les autres? Leur notion de justice et de respect de droits de l’homme est à géométrie variable puisqu’elle ne semble fonctionner que lorsqu’un Français est concerné. Sinon, comment pourraient-ils penser que la justice est indépendante dans leur pays et qu’ailleurs, tout serait différent?

Ces gens se laissent ainsi entraîner dans une campagne douteuse sur les Droits de l’homme au Cameroun qui seraient bafoués. Lydienne Yen-Eyoum n’est en aucun cas une « détenue politique ». Sans être un paradis, le Cameroun est ainsi loin d’être l’enfer des droits de l’homme qu’ils semblent décrire.

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