Cameroun : élucubrations sur le manque de démocratie dans le pays de Paul Biya

« Pourquoi Paul Biya a-t-il peur de démissionner à la tête de l’État camerounais? »: voilà le titre d’un soi-disant article publié sur un de nombreux sites consacrés à la diaspora camerounaise avec des gens qui s’improvisent ou s’autoproclament journalistes. Ces nouveaux pseudo médias en ligne que beaucoup de Camerounais de l’étranger connaissent bien, pratiquent, encore une fois ici, un de leurs exercices favoris qui consiste à critiquer le président camerounais.

Dans ce nouveau texte, ils soutiennent que « Paul Biya, toujours absent lors des grands sommets internationaux, a contribué à la décrépitude du Cameroun. Son image est devenue si exécrable que même les chefs d’État des pays voisins du Cameroun ont rompu avec lui.«  Que dire à part qu’une fois de plus, il s’agit d’élucubrations de prétendus journalistes. Ces derniers s’improvisent également analystes politiques en soutenant que la démocratie est inexistante au Cameroun. « De nombreux partisans de Paul Biya au Cameroun parlent de démocratie […] De quelle démocratie s’agit-il? Outre les élections, libres et transparentes, la démocratie est tout le contraire du pouvoir totalitaire de Paul Biya […] La liberté de réunion, d’association, d’expression et d’information sont [sic] des valeurs propres à la démocratie. Sans omettre le pluralisme politique. »

Pour commencer, il ne cite aucune source ou témoignage pour étayer ses propos sur le prétendu isolement du président Biya sur la scène régionale et internationale. Si son analyse est juste, comment alors expliquer le fait que le chef d’État camerounais soit invité en grande pompe par les présidents africains et occidentaux pour discuter entre autres, des crises sécuritaires qui frappent des pays comme le Cameroun, le Nigeria, le Mali, etc.? Si Paul Biya était si infréquentable, que faisait-il alors au Sommet États-Unis – Afrique en août 2014 à la Maison Blanche sur l’invitation de Barack Obama ou aux deux sommets de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique en 2013 et 2014 à Paris sans parler des autres sommets sur le continent?

De même, ils se permettent de donner des leçons de gouvernance à un président de la République, sans même avoir une réelle expérience de la gestion et de la gouvernance politique. La culture démocratique est bien ancrée au Cameroun. En effet, n’en déplaise à ces détracteurs, la politique volontariste du président Biya n’est plus à démontrer en matière de démocratie. Et pour cause! Le Cameroun d’aujourd’hui est très loin de celui d’il y a quelques années, tant le pays a évolué ces deux dernières décennies. L’on peut citer en exemple la réapparition du multipartisme intégral en 1990 suite à l’adoption des lois sur la liberté d’association. Un retour du pluralisme politique qui s’est traduit par la naissance de plus de 200 formations politiques et la fin du système du parti dit unifié censé regrouper toutes les sensibilités politiques dans le but de renforcer l’unité nationale.

Depuis lors, plusieurs élections législatives et municipales ont été organisées dans le pays à l’image des élections sénatoriales de 2013 remportées par le RDPC et le SDF qui étaient en lice avec quatre autres partis politiques dans les 10 régions du pays. Ces deux partis se sont ainsi partagé les 70 sièges de sénateurs mis en compétition, à raison de 7 par région. 30 autres sénateurs ont été désignés par le président Biya, portant à 100 le nombre total des membres de la Chambre haute du parlement. Cette élection a donc permis au Cameroun de se doter d’un des organes prévus par sa Constitution de 1996.

Par ailleurs, afin d’encadrer tout ce processus électoral, le président Biya a créé en 2008, en remplacement de l’Observatoire national des élections (ONEL), Elecam, une structure autonome chargée d’organiser et de gérer l’ensemble du processus électoral. Chargé d’observer le processus électoral et d’attirer l’attention des autorités administratives sur les dysfonctionnements et les problèmes qui pouvaient se poser, ONEL avait été mis en place pour mettre fin aux contestations sur les consultations électorales venant de certains partis politiques. Jugeant son travail insuffisant, Paul Biya l’a alors remplacé par Elecam. Cette institution s’est depuis acquittée au mieux de sa tâche avec l’organisation de la présidentielle de 2011, la refonte biométrique des listes électorales afin de fiabiliser le fichier électoral en éliminant les inscriptions multiples ou fictives, la production et distribution des cartes d’électeur, etc.

Alors oui, il reste toujours des progrès à faire, comme partout ailleurs, mais la culture démocratique est bien ancrée au Cameroun.

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