Sécurité : Mise au point des États-Unis à propos du Cameroun

L’information avait circulé au début du mois, et on pouvait y noter qu’un certain rapport avait classé le Cameroun comme deuxième pays le plus dangereux au monde. D’une assurance démesurée, les auteurs de l’article précisaient que ledit rapport émanait du Conseil des relations étrangères du Département d’État américain, et qu’il proscrivait tout déplacement vers le Cameroun.

Non seulement personne n’a véritablement vu la trace d’un pareil document, mais aussi, le seul élément appuyant cette déclaration vaseuse était un tableau élémentaire fait à partir d’un traitement de texte. Pris dans la nasse de leur mensonge, les auteurs et les médias ayant relayé l’affirmation ont été aux abonnés absents devant les demandes d’éclaircissements. On repassera donc pour la crédibilité.

En allant à la source officielle américaine, le département d’État a tout simplement fait une mise en garde aux citoyens par rapport aux destinations internationales. Une opération régulière comme en font la grande majorité des pays dans le monde. On peut y lire, au sujet du Cameroun, qu’il faut faire attention dans les zones de tension sécuritaire que sont le Nord et l’extrême Nord du Cameroun, par rapport à Boko Haram et l’Est par rapport à la situation en République centrafricaine voisine. Cette alerte, datant du 22 décembre 2015, est une mise à jour qui n’interdit nulle part de se rendre dans ce pays.

L’affaire commençait d’ailleurs à prendre des proportions qui ont poussé la représentation diplomatique américaine au Cameroun à y opposer un démenti formel. Dans une note aux médias, les services de l’avenue Rosa Parks de Yaoundé écrivent ceci : « Contrairement aux récents articles publiés dans certains médias camerounais, le Département d’État et le Conseil pour les relations internationales n’ont pas classé le Cameroun comme le deuxième pays le plus dangereux au monde. Il n’y a jamais eu un tel rapport publié par le gouvernement américain. Les États-Unis pensent que le Cameroun est un pays paisible en dépit des défis liés à Boko Haram. »

Les fantasmes d’opposants politiques n’ont pourtant pas besoin d’atteindre cette dimension, à moins qu’un vent de désespoir ne souffle dans certains milieux. Pourquoi travestir ce qui peut se vérifier aisément? C’est encore ici, la preuve de la petitesse d’esprit d’individus aux méthodes d’un autre temps. À l’heure des autoroutes de l’information, on ne peut plus jouer aux scribes-militants en mal de cause. Les combats ont depuis longtemps fait place aux débats sur le territoire national. Il est temps que certains se mettent à la page et soient plus consistants dans leur argumentation et plus respectueux des partenaires du Cameroun.

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