Cameroun : Une unité nullement surfaite

Les temps ont beau être difficiles et la conjoncture sévère, s’il y a une chose qui est immuable, c’est l’attachement des Camerounais à leur pays. Parce qu’au-delà des images hideuses qui circulent, les citoyens de ce pays font front commun.

L’unité nationale est une obsession des filles et fils du Cameroun, toutes générations confondues. L’idée même de tourner le dos à un pays qui, jour après jour, écrit l’histoire à sa façon sur la planète, est périphérique à la réflexion des uns et des autres. Pas parce qu’ils n’ont pas d’alternatives, mais parce que leurs gènes leur dictent un devoir. Celui d’être fidèles au 237, comment l’écrit désormais la génération dite numérique.

Être unis pour contrer les manœuvres dilatoires de plusieurs esprits qui n’en demandent pas beaucoup pour enfoncer la nation « vert-rouge-jaune. » Être unis dans la douleur face à l’affront Boko Haram et savoir être fiers de nos forces de défense. Être unis dans la difficulté de s’engager à la construction d’un meilleur espace de vie commun. Être unis dans la volonté de donner un avenir meilleur et léguer un pays prospère aux enfants.

De tout ce qui se dit dans les médias ces derniers mois, on peut décerner une certaine inquiétude. Mais les Camerounais savent dans leur for intérieur que la vie de chaque nation est cyclique et que le meilleur reviendra vite au premier plan. Cela, parce que les Camerounais restent une espèce rare en « volontarisme » et parce que l’État, quoi qu’on en dise, est au diapason des réclamations du peuple. Quand on y regarde de plus près, même les critiques les plus virulentes des pessimistes les plus enragés, recèlent un amour profond pour la patrie. Il ne faut donc pas toujours y voir une détestation de ce qui est fait, mais souvent un empressement à voir tout se faire très bien et au plus vite. Malheureusement, cela n’est humainement pas possible et il faut y aller avec le temps et les moyens dont on dispose.

Le tempo imposé depuis l’indépendance en 1960 a vécu toutes sortes de modulations. Mais la magie de ce pays est d’avoir réussi, décennie après décennie, à faire mentir tous les oiseaux de malheur. Ceux qui espéraient le voir s’effondrer et qui secrètement travaillaient à pourrir la vie aux honnêtes serviteurs de la Nation. Il y a près d’un quart de siècle maintenant que les libertés ont connu une expansion à travers l’ouverture politique. Cette dernière permet de s’exprimer et d’afficher ses couleurs politiques, en plus de proposer un plan de gouvernance aux citoyens. Le débat public s’est enrichi de contributions exceptionnellement consistantes qui peuvent nous rendre fiers. Toujours contradictoires, les échanges entre personnalités ou simples citoyens sont devenus le baromètre de la santé démocratique et du sens des responsabilités.

De tous ceux qui ont eu à se retrouver sous les feux de la rampe, il y a eu une constante : la fierté de vivre dans un pays uni, malgré ses différences. Voilà pourquoi en parler n’est pas superflu, mais essentiel pour rappeler cet héritage de ceux qui ont bâti la mosaïque Cameroun.

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