Cameroun : Les limites des analyses globales

Comme ça, selon la dernière étude d’une certaine École Polytechnique fédérale de Zürich (KFO), le Cameroun est classé comme étant assez peu mondialisé par rapport aux autres pays d’Afrique ? L’exercice annuel de cet établissement suisse est une tradition, et l’indice de la mondialisation qui vient d’être publié par le KOF reflète l’état de la mondialisation économique, sociale et politique pour l’année 2013.Selon cet indice, le degré de mondialisation calculé pour 2013 a augmenté de manière négligeable par rapport à celui de l’année précédente. On y retrouve également la valeur de son interaction avec le monde, peut-on lire dans le communiqué publié à cet effet. À ce jeu, le Cameroun est classé 151e sur 187, autant dire parmi les moins bons.
Loin de critiquer un exercice, somme toute, légitime, on pourrait le placer dans le lot de ces méthodologies dont l’acrobatie fait dire tout et n’importe quoi aux chiffres. Passe que l’on se situe encore au niveau des probabilités ou des projections. Mais quand cela devient des certitudes que l’on brandit pour des raisons tout à fait inavouables, on peut en douter de l’objectivité.

Le « Poly Suisse » nous précise que son indice de la mondialisation « mesure les dimensions économiques, sociales et politiques de la mondialisation. Il permet d’observer l’évolution de la mondialisation dans une série de pays sur une longue période. L’indice de la mondialisation du KOF 2016 est disponible pour 187 pays sur la période de 1970 à 2013, selon un calcul tenant compte de 23 variables. Il mesure la mondialisation sur un barème de 1 à 100. Les valeurs des variables de base sont subdivisées en centiles. Ceci permet de lisser les extrêmes et de réduire les fluctuations sur la durée. Les données utilisées ont été actualisées pour les dernières années à partir des sources d’origine. Les nouveaux chiffres ne sont pas comparables à l’indice du KOF publié il y a un an, étant donné que la base de données a été mise à jour et recalculée également pour toutes les années précédentes. Par conséquent, les comparaisons avec les années précédentes évoquées dans le texte reposent sur la nouvelle méthode de calcul. » Rien de moins.
On sait les polytechniciens rompus à une certaine exactitude et attachés à une certaine rigueur des calculs. Mais quand des explications aussi touffues nous sont servies, il y a lieu de mettre de nombreux bémols aux résultats finaux. Mais cela dit, cela nous permet également de voir le mal que se donnent les analystes pour approfondir, voire raffiner les niveaux d’intérêts à avoir dans l’univers macro-économique. À chaque commande correspond une livraison. Cette dernière est certainement contredite par d’autres qui ont d’autres objectifs précis. Elles nous viennent des institutions bancaires, de cabinets comptables, de groupes de réflexion ou encore d’officines tapies derrière de grandes entreprises… « Mondialisées ».

Le Cameroun, né dans la douleur et toujours face à son destin, avance à son rythme. Un cheminement qui s’effectue avec la pleine conscience d’être en phase avec son temps.

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