Cameroun : citoyens et forces de défense unis contre le terrorisme

Les multiples agressions du groupe Boko Haram n’ont pas ébranlé l’amour des Camerounais pour leur patrie. En dehors des forces de défense, avec en tête l’impitoyable Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), les communautés sont passées en première ligne de cette tragédie, et répliquent à leur façon. Elles ne disposent peut-être pas d’équipements véritablement militaires, mais leur flair et leur intégration dans les circuits informels en font de redoutables agents de renseignements.

On connaît mal ces fameux comités de vigilance, mais pratiquement depuis près d’un an, on relève des actions assez téméraires de plusieurs de leurs membres. Cette volonté de résister, de ne pas laisser l’ennemi marquer durablement les esprits, et s’implanter sur notre territoire, est surprenante pour plusieurs. Pourtant, pour ceux qui connaissent, tant soit peu, l’histoire de ces populations, il n’y a pas à être étonné. Une particularité doit donc être relevée ici. Dans ce Sahel buissonneux où le quotidien n’est pas facile, les gens font face à toutes les adversités depuis bien longtemps. En premier lieu, celle de l’ingratitude de l’environnement qui, à travers un soleil impitoyable, impose une sécheresse redoutable. Puis, les épisodes d’il y a plusieurs siècles lors de la résistance aux diverses conversions confessionnelles. Armés d‘une sorte de « fierté » et attachés à leur terre, ils sont réputés d’être en quelque sorte… indomptables. Tout un symbole.

Pour ces nobles d’esprit, il aurait été tellement facile de céder à la facilité et trahir la patrie camerounaise. Non. Le choix général a été de rester fidèle au drapeau national. Quand l’amour du pays devient plus fort que le chant de sirènes hasardeuses d’un avenir sombre, cela démontre l’immensité du bon sens et beaucoup de détermination.

Les services de sécurité ont, depuis, établi et convenu d’un certain nombre de codes et de plans pour rendre encore plus efficace l’action de ces « brigades ». Résultat, des dizaines d’attentats-suicides ont été évités et l’environnement immédiat des familles et des villages, est progressivement sécurisé.

En retour, Boko Haram cible maintenant ces braves citoyens, coupables de résister et d’aider à préserver l’intégrité du territoire camerounais. Quelques-uns ont ainsi péri, assassinés, et le plus récent pas plus tard que le 1er avril dernier. À en croire la dépêche du journal L’œil du Sahel qui rapporte cette information, ces incursions révèlent quand même certains impairs. À savoir, entre autres, que certaines failles demeurent dans les rangs sécuritaires du pays. Et comme il n’y a pas de risque zéro, comme l’indiquent régulièrement les responsables des forces de Défense, un travail de fond doit être poursuivi.

C’est celui de continuer, d’une part, l’œuvre d’éducation et d’instruction pour contrer le bourrage de crâne permanent effectué par la nébuleuse djihadiste basée au Nigéria. D’autre part, c’est d’apprécier et encourager encore plus la solidarité entre les Camerounais, en leur faisant comprendre que le sort de chacun est lié à celui de tous. Une mission qui ne doit jamais s’arrêter, Boko Haram ou pas, puisque d’immenses défis restent à relever pour ce pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vingt − quatorze =