Le Cameroun, cible de fabulateurs

Ils sont nombreux à prendre toutes sortes de chemins pour arriver à des fins inavouables. Très souvent bras armé de mouvements politiques mis hors-jeu par la dynamique démocratique, de très précieux observateurs se sont mis au service d’organismes obscurs. Ces derniers s’en donnent alors à cœur joie pour exister. C’est le cas d’un rapport « accablant » rendu public par une certaine Freedom House qui dépeint le Cameroun comme un terrain où de nombreuses libertés sont régulièrement mises à mal par le pouvoir.

Cet organisme, qui affiche fièrement ses 75 ans d’existence en 2016, affiche d’emblée dans le portrait du Cameroun, que la presse n’y est pas libre. S’appuyant sur des interdictions de diffusion de certains médias et l’arrestation de quelques journalistes, Freedom House en conclut que les libertés fondamentales, dont celle d’expression, sont régulièrement bafouées par l’État camerounais. Or, rien n’est plus faux.

Il n’y a qu’à voir la flopée de titres de la presse écrite, de radios et de télés ayant fleuri dans le triangle national, pour en tirer des conclusions radicalement opposées. De très nombreux chroniqueurs, analystes et « journalistes » y pérorent à longueur de journée sans que l’on ait à les bâillonner. La tension est pourtant grande à chaque fois, tant la responsabilité de ces citoyens dans leur métier est tout aussi engagée que celle de l’ensemble de leurs compatriotes, agents de l’État et gouvernement compris.

De la Constitution de 1996 qui garantit la liberté d’expression et celle de la presse, à la loi contre le terrorisme promulguée par le président de la République en décembre 2014, certains ont choisi de naviguer à vue. Il y a eu des actes, logiquement condamnés car souvent assimilés à de la diffamation et il y a eu des excès, véritables provocations gratuites destinées à porter atteinte à l’ordre public. Or, la paix civile est un principe sacré dans toutes les nations.

Le militantisme ne saurait être assimilé à une sorte de révolte suicidaire. Rester dans les stricts cadres de la loi pour manifester, s’exprimer, interpeller, tel devrait être le credo de la grosse majorité des pourfendeurs du pouvoir politique. Se servir des entreprises de presse comme caisse de résonance pour des actes « anti patriotiques » relève de la pure action dite révolutionnaire. Mais, plusieurs des Che Guevara de la plume, du micro ou de la caméra oublient donc très souvent de respecter même à la base, les règles de déontologie que leur métier impose.

Oui, il a pu y avoir des débordements et une mauvaise interprétation de certaines publications. Rien de plus normal, puisque cela arrive régulièrement, hélas, dans les régions où Freedom House trouve la presse, « totalement indépendante ». On ne compte plus les poursuites engagées par des personnalités publiques en Europe ou aux États-Unis contre des entreprises de presse. Or, la démocratie camerounaise, doit-on le rappeler, est encore jeune et a certainement besoin d’être recadrée. Mais ce n’est pas en faisant dans l’exagération que cela apportera plus d’eau au moulin du progrès de notre pays.

Ce besoin de toujours dire qu’ici tout va mal, pourrait avoir un effet totalement inverse pour les pourfendeurs de nos dirigeants politiques. D’ailleurs, ces « compatriotes » qui saisissent régulièrement les organismes privés et interpellent la « Communauté internationale » oublient une chose. À ne vouloir montrer que ce qui est sale chez soi, on finit par démontrer sans le vouloir, qu’on vit dans une porcherie. Ce qui n’est nullement le cas du Cameroun, dont la réputation attire jour après jour, son lot de partenaires et de visiteurs.

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