Cameroun : Le désenchantement des « on verra bien »

Depuis la déferlante de projets structurants ou de recadrages organisationnels, les détracteurs de l’action gouvernementale camerounaise n’ont presque plus de mots. Au dépôt de chaque pierre dans la construction de l’édifice national, on les entend murmurer, « on verra bien ce qui arrivera de tout ça ».

Devrait-on être surpris de cette attitude, quand on sait la mauvaise foi permanente à l’œuvre chez ces éternels dubitatifs ? Il y a toujours ce doute permanent, face aux engagements des services publics et à leurs réalisations. Il y a très souvent cette envie d’en découdre sur une foule de sujets collectifs.

En fait, la bataille idéologique ayant presque totalement été perdue, les plus téméraires s’organisent désormais pour relever tout ce qui se fait au Cameroun en termes de développement. Dès qu’ils tombent sur un chantier au ralenti ou une révision programmatique, c’est un concert d’interpellations et de cris de joie : « on vous l’avait dit !». Le Cameroun ne saurait donc être comme tous les autres pays du monde ? Ailleurs, où l’on croit que tout est rose et où les choses sont menées rondement, nous sommes désolés de rappeler que l’on retrouve des problèmes de préparation, d’impréparation, d’organisation ou de désorganisation. La compétence et l’efficacité des responsables à l’aune de leur réaction face à l’impair.

Le Cameroun n’est pas un îlot de délinquance dans une grande mer d’honnêteté et de probité. Le regard posé aujourd’hui sur les stratégies, toujours plus affinées, de développement et de progrès du pays devrait plutôt être lucide. De nombreuses distinctions doivent être relevées entre ce qui doit se faire et ce qui pourrait être fait. Avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille, dit un adage.

À vrai dire, même dans leurs songes les plus profonds, leurs rêves les plus fous et leurs visions les plus lointaines, les incrédules ne sauront presque jamais mettre de nuances. Et pourtant, on sait combien les positions inflexibles peuvent rogner le raisonnement et fourvoyer le jugement. Ce dont le Cameroun a besoin, chez ceux qui s’arrogent le droit de prendre du recul et mettre des bémols, c’est de cohérence pour porter des analyses rigoureuses. L’opposition politique est tout à fait légitime, mais doit s’engager sur le champ de bataille avec honneur, humilité et des prétentions moins vaseuses. Prétendre que l’on peut faire mieux et différemment est également défendable. Mais oser dire que ce qui se fait ne mène nulle part, doit relever de syndromes que seule la psychologie pourrait nous définir.

Bref, le Cameroun avance… malgré tout ce qui se dit.

 

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