Le Cameroun fait son cinéma

Le pays de Dikongué Pipa, l’un des pionniers du 7e Art camerounais, a donné à la culture mondiale des personnalités de premier plan. La créativité, essentielle à la production d’œuvres uniques, a toutefois besoin de structures pour s’épanouir. En cela, le récent geste du président Paul Biya envers l’organisme Écrans Noirs est à saluer. Reconnu désormais d’utilité publique, ce projet porté par le cinéaste Bassek ba Kobhio en sera, cette année, à sa 20e édition.

Le temps de la reconnaissance nationale au plus haut niveau de l’État ayant sonné, la notoriété mondiale de cette association va certainement prendre une belle envolée. Rien n’indiquait pourtant que ce rendez-vous du cinéma puisse atteindre ce niveau, tant le scepticisme ambiant aurait pu en décourager plus d’un. C’était sans compter avec l’opiniâtreté de notre Bassek national, convaincu, têtu, hargneux et visionnaire. En dehors des autres moments forts du cinéma africain, comme le Fespaco au Burkina Faso, Écrans Noirs remplit plusieurs missions, en dehors de la simple découverte des œuvres du continent.

Bassek ba Kobhio est clair sur sa mission. Le Festival Écrans Noirs vise à promouvoir et diffuser le cinéma africain. Cette promotion se fait à travers la projection de longs et courts métrages de fiction, des documentaires ou des films d’animation. Le festival diffuse aussi des films d’auteurs non africains qui traitent de l’Afrique et des Africains, qui ont pour décor l’Afrique ou dont le casting africain est significatif. Si la projection des films est l’une des principales attractions des festivaliers, ils découvrent parallèlement toute une batterie d’activités dans les sites abritant le festival.

Cette fête du cinéma, précise le réalisateur, est aussi l’occasion pour les spécialistes du métier, de créer des opportunités de promotion des œuvres locales à l’international et de favoriser le contact des professionnels étrangers et nationaux ou sous régionaux. Pour cela, la manifestation accueille des cinéastes, des vidéastes, des techniciens, des financiers, des administrateurs et autres cinéphiles.  On ne saurait être plus engagé pour l’Afrique et ses créateurs.

Le cinéma ayant été le parent pauvre de la culture africaine, des promoteurs comme Bassek ba Khobio méritent le soutien des autorités administratives. Cette année, avec pour thème « Festivals et promotion du cinéma », Écrans Noirs est au carrefour des revendications pour plus de cinéma africain en Afrique et ailleurs. Les organisateurs, au-delà d’un appel du pied légitime à un appui solide de l’État, annonçaient déjà la couleur :  « Cet anniversaire, nous comptons le célébrer de manière festive, ludique mais réflexive aussi, en multipliant les opportunités d’épanouissement non seulement pour les cinéastes et professionnels d’ailleurs et d’ici qui y prendront part, mais aussi et davantage pour les spectateurs et cinéphiles qui découvriront ou redécouvriront le plaisir des projections en salle des films africains ou portant sur l’Afrique et le Monde Noir. Notre position de festival culturel majeur au Cameroun et en Afrique Centrale est à la fois un privilège et une lourde responsabilité qui nous commandent d’être ambitieux. »

Rendez-vous est donc pris à Yaoundé du 22 au 31 juillet 2016 pour en prendre plein la vue !

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