Cameroun : Les libertés ne sauraient pousser à l’incivilité

De toutes les revendications citoyennes, la plus précieuse est celle de la liberté d’expression. Les Camerounais s’en sont emparés avec avidité et l’espace public s’en est trouvé enrichi en matière d’échanges d’idées. Mais, revers de la médaille, il s’est trouvé que des individus ou des organes de communication aient été épinglés pour être allés au-delà de ce qui pouvait être permis.

Reliés à des réseaux plus bruiteurs que conséquents, certains ont réussi à présenter le Cameroun comme un État sans foi aux lois si variables que les libertés publiques élémentaires en pâtissent. Nous en avions déjà fait état sur ce blogue il y a quelques temps et le gouvernement, par la voix de son porte-parole a voulu faire le point à ce sujet de manière officielle.

C’est que l’ONG Freedom House, dans son édition 2016 intitulée « Freedom in the World 2016. Anxious Dictators, Wavering Democracies: Global Freedom under Pressure », s’est fait fort de classer le Cameroun parmi les pires pays qui soient, le qualifiant pratiquement de dictature. Face à une presse convoquée expressément à ce sujet, Issa Tchiroma, ministre de la Communication a donc tenu à mettre les choses au point ce mardi. Surpris par une forme d’acharnement du même organisme qui affirme entre autres que les populations du Cameroun ne sont pas « libres du tout », le ministre Tchiroma est venu contredire ce soi-disant rapport portant sur l’année 2015. Parce que les faits avancés étaient tellement altérés ou déformés, le gouvernement camerounais ne pouvait rester impassible.

En décidant de présenter en gros, la situation du respect des droits de l’Homme au double plan des droits civils et politiques d’une part, et des libertés publiques d’autre part, le porte-parole du gouvernement comptait effectuer un recadrage ferme. Au niveau des droits civils et politiques, d’expliquer Issa Tchiroma, on devrait reparler de processus électoral, de pluralisme, de participation politique, ainsi que la gouvernance.

Le processus électoral, qui se trouve être en rapport direct avec le pluralisme et la participation politiques, s’est inscrit depuis le retour à la démocratie pluraliste, dans une parfaite dynamique d’amélioration allant dans le sens de l’équité, de la transparence et de la sincérité des votes. Coiffé par l’organisme indépendant Elections Cameroon (ELECAM), chargé de la gestion du processus électoral et référendaire, cette dynamique a connu jusqu’à tout récemment des innovations majeures introduites avec succès dans l’organisation des élections au Cameroun, à l’instar de la biométrie, de la refonte des listes électorales en lieu et place d’une simple révision desdites listes.

Sur la question de la gouvernance, le ministre de la Communication a indiqué qu’elle est à mettre en rapport avec la protection de la fortune publique et la lutte contre la corruption, une préoccupation constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA. Et ce combat acharné contre les atteintes à la fortune publique s’est accru depuis quelques années. Et par ailleurs, doit-on rappeler, des structures administratives ont été créées en amont du processus de la répression, telles que la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) ou encore l’Agence d’Investigation Financière (ANIF), en plus de l’organe administratif constitué par le Contrôle Supérieur de l’État.

 

Ces organes sont pris en relais en aval par les institutions judiciaires, dont certaines sont spécifiquement dédiées au contrôle de la gestion de la dépense publique et à la lutte contre les malversations sur la fortune publique.

S’agissant des libertés publiques, le ministre Tchiroma a choisi de parler plus particulièrement de la liberté d’expression et d’opinion, de la liberté de presse, de la liberté d’association et de réunion, de l’État de droit et des libertés individuelles. Il y a donc eu ces récriminations adressées par les contempteurs du gouvernement sur le non-respect de la liberté de la presse au Cameroun, où l’on dénombre pourtant en termes de pluralisme, des centaines d’organes de presse, plus d’une centaine de radios et plus d’une vingtaine de chaînes de télévisions, auxquels il faut ajouter un accès libre à l’Internet.

Quant à la liberté de réunion et de manifestation publiques, celle-ci est garantie par la loi. À ce titre, les réunions et les manifestations publiques ne sont soumises qu’au simple régime de la déclaration préalable. Il importe donc de comprendre que le principe en la matière demeure la liberté de réunion et/ou de manifestation publiques, alors que l’interdiction en constitue l’exception.

Aujourd’hui, de se désoler le ministre Tchiroma, les rapports d’organismes comme Freedom House se suivent et se ressemblent toujours, comme si rien n’avait jamais évolué dans le paysage des droits de l’Homme au Cameroun. Ce qui trahit le parti pris et la volonté embusquée de leurs inspirateurs et de leurs comparses locaux de nuire aux intérêts et à l’image extérieure du Cameroun.

 

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