Cameroun : Les fantasmes de Mathieu Eric Owona Nguini

Le politologue, réputé pour ses sorties percutantes, en a remis une couche. Pour le conférencier, souvent polémiste, l’avenir du Cameroun est écrit en lettres de feu. Il n’y aurait pas d’issue pacifique à des conflits inévitables pour les prochaines décennies.

« Il est effectivement trop tard: si le patriarche Biya part, il y a crise. Si le président Biya reste, il y a toujours crise. L’enjeu, c’est d’éviter le chaos maximal (une guerre civile née des affrontements fictionnels entre baronnies systémiques compliqués par la régionalisation et la communautarisation des luttes et l’implication des forces d’opposition dans ces conflits) qui peut correspondre à un conflit durant de 15 à 50 ans. » Dixit l’enseignant de l’Université de Yaoundé II.

S’il n’est pas interdit d’y aller de ses prévisions, il est un peu léger de croire que le Cameroun est assis sur un baril de poudre. Ce pays, rappelons-nous, est né dans la douleur, dans une très grande douleur. Il a connu des crises de toutes sortes depuis un peu plus de cinq décennies, sans véritable sombrer dans le chaos qu’on lui prédit. Si chaque système a ses fondements inébranlables, celui du pays des Lions Indomptables carbure à la paix et à l’unité. L’ouverture pluraliste et les garanties sur la liberté d’expression ont, certes, été accompagnées de dérapages dans les années 1990, mais les frictions ne sont jamais allées dans l’objectif de détruire la société camerounaise.

La solidité des institutions républicaines, la fidélité des forces de sécurité et la lucidité de personnalités de la majorité comme de l’opposition politique ont empêché l’éclatement des fondamentaux de la nation. Lorsque le professeur Owona Nguini s’aventure dans la foulée à parler d’un chaos maximal à éviter, parce que de toute façon avec ou sans le président Biya, on est en crise, il joue les oracles de bas étage. Et dans son verbiage si particulier, il explique que le défi est de ne pas sombrer dans le désordre le plus total. Cela d’autant plus que tout semble concorder pour ce dénouement.

Quitte à ce qu’il sonne une certaine alarme, il n’a certainement pas le museau assez affûté pour renifler l’air du temps et prévoir des tourments pour le pays. Contre-attaquant, il prétend que « le chaos ne commence pas par la violence ouverte, mais par la généralisation de l’arbitraire caractérisée et l’institution de la corruption comme voie de civilisation et de développement. » C’est à se demander s’il n’est pas au courant des mesures et actions déployées par les autorités pour mettre à mal tous ces maux et beaucoup plus encore.

D’ailleurs, il nous revient qu’il n’y a pas si longtemps, on croyait nos forces de défense incapables de tout. Elles ont pourtant fait reculer le petit et le grand banditisme sur tout le territoire, et sont aujourd’hui au corps à corps avec un groupe de fanatiques dans l’Extrême Nord du pays. Dans tous ces cas de figure, c’est : « Avantage, Cameroun ! », pour utiliser une expression courante au tennis.

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