Cameroun : Le déficit cognitif des «analystes» camerounais

Il fut un temps où, au Cameroun, les observateurs de la vie politique avaient en commun une forte culture et surtout, un sens aigu de l’honorabilité. De nos jours, tout est prétexte à critiquer ou à flatter, c’est selon.

Depuis le lancement de  nombreux projets structurants et de la libéralisation progressive de l’économie nationale, des membres de la très respectueuse « société civile » n’arrêtent pas de multiplier les envolées. La logorrhée baveuse, ils sont nourris à la rumeur permanente. Si ce n’est pas le cas, comment expliquer que soit complètement dénaturé le projet d’enseignement numérique pour l’enseignement supérieur du président de la République, Paul Biya ?

Quand on sait lire, on essaie au moins de disposer de tous les éléments que l’on incrimine avant de s’avancer. La quasi-totalité des critiques se sont résumées à parler de 75 milliards FCFA empruntés pour faire un don de 500 000 ordinateurs aux étudiants des cycles supérieurs du privé et du public. Et pourtant, inscrit noir sur blanc dans le décret signé par le chef de l’État, l’ensemble des éléments justifie largement le montant querellé. Ce dernier serait donc passé « inaperçu » aux yeux et aux oreilles de certains.

Mais ce n’est pas la première fois que ces observateurs avertis choisissent grossièrement leurs angles d’attaque envers les pouvoirs publics. Tout ou presque de l’action gouvernementale est sujet à une diatribe. Il n’y a peut-être que la bataille de nos forces de défense et de sécurité contre la secte Boko Haram qui ait trouvé grâce à leurs yeux, le peuple devant faire front devant l’ennemi. Le reste du temps, on joue les opposants sans nuances comme avec le dossier de l’organisation du prochain Championnat Africain des Nations du football féminin (CHAN).

À en croire les détracteurs du Comité local d’organisation il y a quelques mois, rien ne serait prêt pour le début de la compétition qui se déroulera à Yaoundé et Limbe du 19 novembre au 3 décembre 2016. Et d’énumérer en premier lieu le déficit en infrastructures, même si des stades étaient en construction et des hôtels mis à niveau. Puis la composition même des différentes commissions, grossièrement accusées d’incompétence. Enfin après avoir réclamé le logo, dont la réalisation revient pourtant à la CAF, une mascotte et un hymne désormais livrés, ils prévoient maintenant une désaffection du public en raison d’un manque d’intérêt. Du pessimisme pur au service de la malhonnêteté intellectuelle.

Et même pris en flagrant délit, ils se rétractent rarement. Tout au plus profitent-ils d’accalmies sur le front des débats pour estimer que des conditions favorables ont permis au Cameroun de sauver la face. Mais tout le monde n’est pas dupe. Cette inconséquence dans l’évaluation met en lumière les tares que l’opinion publique a désormais identifiées chez ces perroquets « savants ». Comme le disait le refrain d’une chanson béninoise des années 70, « Trop parler, c’est maladie ».

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