Cameroun. Paul Biya passe à la vitesse supérieure dans le dossier Camair-Co.

Bâtie sur les cendres de la défunte Cameroon Airlines, crucifiée en 2008, la compagnie aérienne camerounaise n’a cessé d’être en zone de turbulences. Plusieurs pistes ont alors été évaluées pour relancer l’entreprise jusqu’à l’adoption d’un plan proposé par Boeing. L’étape suivante a été la mise en place d’une nouvelle équipe de direction.

C’était un secret de polichinelle que Camair-Co était prise entre les vents contraires des ambitions de plusieurs personnes. Des manigances ourdies tant sur le plan local, où les responsables en place en avaient après la direction, que dans certaines officines internationales pour des intérêts pécuniaires manifestes. En bout de piste, les pertes accumulées auront atteint les 53 milliards FCFA au 1er juillet 2016.

Nullement enclines à en faire un autre gouffre budgétaire, les autorités camerounaises avaient lancé un appel à manifestation d’intérêt, pour le recrutement d’un consultant chargé d’auditer et d’accompagner la Camair-Co dans l’élaboration d’un plan de restructuration et de relance. Ce sont les Américains de Boeing qui ont remporté l’offre et proposé un plan de relance concis.

Ce projet, que plusieurs ont appelé plan de la dernière chance, est évalué à 327 milliards FCFA investis sur 5 ans. Boeing, selon les détails relayés par les médias, « proposait l’injection de 60 milliards FCFA, mais aussi l’acquisition d’ici 2020 de neuf avions pour desservir un réseau de 27 destinations : 9 liaisons domestiques, 13 régionales et 5 liaisons intercontinentales incluant Paris CDG, Bruxelles Zaventem,  Guangzhou, Dubaï et Washington Dulles. Le plan de restructuration prévoit encore l’apurement par l’État de la lourde dette de 35 milliards de FCFA et l’accompagnement de la Camair-Co sur 18 mois renouvelables. »

Approbation directe de l’État camerounais pour lequel ledit plan convenait parfaitement après analyse pertinente. L’expertise de Boeing ne pouvant être remise en cause, il ne restait plus qu’à trouver les compétences humaines à la hauteur de ces opérations. Le 22 août dernier, deux décrets du président Paul Biya nommaient Mefiro Oumarou au poste de Président du Conseil d’administration et Ernest Dikoum à celui de Directeur général de Camair-Co, respectivement en lieux et places d’Édouard Akame Mfoumou et Jean-Paul Nana Sandjo. Ce dernier, dit-on, n’avait réellement pas les capacités managériales pour éviter un crash à la compagnie aérienne en prenant les commandes en juin 2014. Quand on sait que cette dernière venait d’user son quatrième DG depuis 2011, de nombreuses questions se sont posées sur les pouvoirs et les compétences réelles de son successeur. Ernest Dikoum, ancien du géant Emirates, avait le profil idéal et après consultation, aurait convaincu d’être le meilleur interlocuteur pour les experts de Boeing et le meilleur pilote pour repartir vers des hauteurs plus sereines.

Tout indique que le président Paul Biya, soucieux de redonner des galons à cette compagnie aérienne, se serait penché personnellement sur cette relance et aurait vu juste.

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