Cameroun : comme l’a préconisé Paul Biya, l’agriculture fait l’objet d’attentions particulières

Le 9 septembre dernier, les membres du Programme national de vulgarisation et de recherche agricole du Cameroun (PNVRA) se sont réunis pour une relance de ce projet. Après quelques années de mise en veilleuse, les experts et autres responsables du département de l’agriculture camerounaise ont conseillé de le ramener sur le tapis.

Dispositif d’appui-conseil du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, ainsi que du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, l’objectif global du PNVRA est l’amélioration durable de la productivité des exploitations agropastorales et halieutiques et, partant, des revenus des producteurs. Ce qui rejoint la volonté du chef de l’État de faire comprendre aux Camerounais l’importance centrale de cette activité économique.

Lors du Comice agro-pastoral d’Ebolowa en 2011, le président Biya expliquait sa pensée en des termes forts. Nous les reprenons in extenso. En premier lieu, indiquait-il, l’agriculture doit nourrir notre population ou, en d’autres termes, assurer notre autosuffisance alimentaire, avant de poursuivre : « Est-ce le cas ? En principe oui, mais dans la pratique les choses sont un peu différentes. Quelques-unes de nos régions sont encore tributaires de l’aide alimentaire. Certaines productions connaissent des pénuries. Résultats : la spéculation intervient et les prix augmentent, rendant ces denrées inaccessibles pour les plus démunis.

Deuxièmement, dans un pays comme le nôtre où 60 % de la population vit de l’agriculture, celle-ci devrait être le premier pourvoyeur d’emplois. Or, nous savons que beaucoup de ruraux – les jeunes notamment– trouvent difficilement à s’employer et, attirés par les « lumières de la ville », nourrissent l’exode rural.

D’autre part, la capacité de production de notre agriculture reste fortement sous-exploitée, ce qui ne lui permet pas d’avoir dans notre économie la place qui lui revient et, par voie de conséquence, de contribuer au relèvement du niveau de vie des populations concernées. Il y a là une des raisons de la stagnation de notre indice de développement humain et de notre retard sur la voie des Objectifs du Millénaire.

Enfin, l’insuffisance de certaines productions, comme le riz, le maïs, le sucre, le poisson nous oblige à en importer d’importantes quantités, ce qui déséquilibre gravement notre commerce extérieur. Or nous pourrions sans difficultés produire davantage de ces denrées ou leur substituer des produits locaux, comme le plantain, le manioc ou d’autres tubercules. »

Au cœur du développement économique, voici un secteur dont on doit prioriser le développement et où l’innovation a toute sa place. Parce qu’au-delà de la quantité, il est désormais question de qualité sur les marchés mondiaux. De nombreux agriculteurs camerounais l’ont compris et offrent désormais des produits à valeur ajoutée. On le voit dans le cas particulier du café et du cacao, entre autres produits phares des exportations camerounaises.

La résurrection du Programme national de vulgarisation et de recherche agricole permettra d’engager ainsi une réflexion, selon les responsables réunis à Yaoundé, « en vue de l’optimisation de la production des denrées alimentaires de grande consommation. Il est question non seulement de trouver des méthodes et moyens en vue d’accroître les productions agropastorales, mais également de réduire considérablement les importations agropastorales. »

Parce que, comme le dit Paul Biya, « l’agriculture est l’authentique richesse du Cameroun».

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