Cameroun : La vision de Paul Biya résolument sur les rails

Dans une tribune libre diffusée dans les médias, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Louis-Paul Motazé, a fait un bilan d’étape des orientations prescrites par le chef de l’État. Il en ressort que le pays est sur la bonne voie, malgré des lacunes à combler à certains égards.

Ce document est un texte sans complaisance de l’un des piliers du gouvernement camerounais, qui conforte dans l’idée qu’une véritable machine tourne à plein régime pour un pragmatisme au service du développement du Cameroun. Pour Louis-Paul Motazé, l’action doit continuer sans relâche, et d’expliquer.

« Dans environ trois ans, nous serons arrivés au terme du premier phasage de la mise en œuvre de notre vision de développement à long terme, dont la déclinaison stratégique est le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). Son exécution, considérée comme « globalement satisfaisante » par les principaux partenaires du Cameroun, a notamment permis la réalisation des grands projets, qui arrivent également à leur point d’achèvement dès l’année prochaine, et qui sont appelés à mieux structurer notre économie afin de faire du secteur privé le levain de la croissance économique. »

De l’avis général, explique-t-il, la première moitié de la décade 2010-2020 aura été fertile en menaces de toutes sortes, mais elle a également été encourageante au niveau des performances économiques réalisées par le Cameroun. En effet, si l’environnement national et international a été très peu accommodant, cela n’a pas contrarié fondamentalement nos objectifs de croissance.

Ainsi, les grands projets de première génération atteindront d’ici à 2018 leur point d’achèvement. 2020 est le début d’un nouveau phasage de la mise en œuvre de notre Vision de développement à l’horizon 2035. Entre les deux périodes, subsistent des « gap » qui doivent impérativement être couverts, tels les investissements dans l’infrastructure du numérique, le parachèvement de certaines voies de communication indispensables pour relier les zones de production aux marchés, ou encore les projets inscrits dans le Plan d’Urgence.

Sur ce dernier sujet, Louis Paul Motazé a cité le chef de l’État, Paul Biya : « la finalité première du Plan d’Urgence réside dans la nécessité de renforcer les performances de l’économie nationale, et d’améliorer les conditions de vie des populations camerounaises en vue d’atteindre l’objectif de l’émergence en 2035 ».  Par ailleurs, le MINEPAT a pris le soin d’admettre que certains projets ne seront pas achevés en 2018, comme l’autoroute Yaoundé-Douala. Et pour ne pas avoir à supporter le coût de l’attentisme que pourrait induire le temps de latence entre la fin du premier cycle des grands projets et le lancement d’un second cycle, il faut donc agir. Et vite.

Louis Paul Motazé, loin de tomber dans un triomphalisme béat, tempère certaines ardeurs et affiche un certain réalisme. Bien que 2018 marque l’année du point d’achèvement de la première génération des Grands Travaux, lesquels ont constitué les principaux piliers sur lesquels s’est appuyée une certaine « résilience » économique de ces dernières années, le déficit d’infrastructures compte parmi les faiblesses majeures de l’économie camerounaise, selon les diverses enquêtes menées auprès du secteur privé. De fait, certains pans du programme de développement des infrastructures nécessaires pour raviver la croissance portée par le secteur privé, sont soit inachevés, soit même inexplorés.

Ce qui appelle non à un changement de cap, mais à un renforcement et une densification de celui-ci, pour maintenir et étendre les premiers acquis afin qu’ils puissent induire des effets de ruissellement en aval sur le secteur privé. Aussi, ce programme infrastructurel sera plus à même d’opérer la transformation économique voulue par le Président Biya, en investissant dans les nouvelles sources de croissance identifiées dans le Plan Directeur d’Industrialisation (Énergie, Numérique et Agro-industrie).

Cette analyse ramène donc à des proportions encourageantes et confirme que les membres du gouvernement, principaux relais de la volonté présidentielle, en ont parfaitement saisi le propos. Les chemins de l’émergence du Cameroun, on le voit, ne sont pas que pavés de bonnes intentions.

Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire conclut donc en affirmant que « ce que gouvernement ambitionne de réaliser à travers la mise en place d’un Programme de Grands travaux de 2ème génération afin de poursuivre la dynamique amorcée au cours des cinq premières années de mise en œuvre du DSCE d’une part, et de créer les conditions durables d’un environnement propice au développement du secteur privé, principal créateur des richesses. En d’autres termes, il s’agit d’une politique mixte qui agit sur la demande d’investissements pour supprimer ou réduire les rigidités, et libérer l’offre.

Ce regain de volontarisme économique sur les grands projets de seconde génération, associé à une politique active d’appuis directs au secteur privé qui, tout en s’intensifiant par un meilleur ciblage de nos « champions nationaux », stimulerait la production à court terme, en incitant la demande globale ; et à long terme, en augmentant la capacité productive de l’économie.

Magistral !

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