Cameroun : Les détracteurs de Paul Biya en panne d’inspiration

Pendant plusieurs mois, il était courant et constant de trouver tous les défauts du monde au chef de l’État camerounais et à son action. Quand ce n’était pas son âge qui était mis en cause, on s’en prenait à son entourage direct. Il a ainsi été question de la santé physique et mentale de son épouse et de sa fille, Brenda Biya. Dans tous les cas, la réalité a fini par rattraper les initiateurs de ces rumeurs.

Sauf que dans leur quête incessante de notoriété, ils trouvent encore et toujours les moyens d’exister médiatiquement en trouvant des sujets « qui fâchent ». Dans la catégorie des irréductibles pourfendeurs du président Biya, l’increvable et tristement célèbre Patrice Nouma, dans une autre de ses vidéos sur Youtube, en appelle aux Bétis à quitter le pouvoir. Le titre de sa chronique : « Paul Biya et les Bétis ont fait leur temps. Pardon partez ! » En disant partager cette idée que c’est un système clanique et tribaliste qui dirige le pays, il s’empresse de dire, dans le développement de son propos, que ce ne sont pas tous les Bétis qu’il faut chasser… Curieux paradoxe !

Sujet sensible s’il en est un, le tribalisme a été de tous combats des autorités publiques depuis la naissance du Cameroun. Véritable mosaïque de plus de 200 ethnies représentatives des groupes d’une grande partie de l’Afrique, la nation camerounaise a pu et su canaliser les démons de la confiscation du pouvoir. Les dérives, s’il y en a, sont le fait d’individus qui n’ont pas besoin de programme « tribal » particulier pour commettre mille et un impairs.

L’administration publique camerounaise est également une et multiple comme l’ont souligné plusieurs connaisseurs de la réalité complexe du « système » au Cameroun. Le savant équilibre régional, initié depuis l’aube de la naissance de ce pays, a toujours fait office de ligne directrice dans l’attribution de fonctions au service de l’État. Que ce soit dans l’administration du territoire ou au sein même du gouvernement national.

D’où vient-il qu’en 2016, on en soit encore à parler de citoyens d’une tribu particulière qui auraient verrouillé tout un système avant d’en profiter largement ? En quoi l’action de l’État pourrait-elle être assujettie à la volonté de citoyens originaires des provinces du Centre et du Sud ? En quoi des échecs pourraient-ils être imputés à l’origine ethnique d’un directeur, d’un préfet ou d’un ministre ? La valeur d’un individu provient essentiellement du bagage qu’il traîne et des choix qu’il fait dans l’exercice de ses fonctions.

Discutons des programmes en matière de santé, d’éducation, de transports ou même d’environnement. Attelons-nous à en débattre au lieu de formuler des tournures toutes faites pour impressionner la galerie. On sait la question des régionalismes explosive sur le continent et particulièrement au Cameroun. Il n’est pas besoin de provoquer des étincelles qui provoqueront plus tard des feux difficiles à éteindre.

Mais heureusement, parce que les Camerounais, qui ont été à l’école de la dignité et ont connu les affres des batailles chèrement payées, sont aujourd’hui attachés à la paix. Il n’y aura pas de chasse aux Bétis, pas plus qu’à aucun autre groupe ethnique au Cameroun.

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