Corruption : les instructions de Paul Biya gagnent en volume

En pleine ascension vers son émergence, le Cameroun a sur sa route de nombreux écueils dont ceux de la distraction des fonds publics et la pratique de la corruption. Cette dernière quasi-institutionnalisée il y encore quelque temps, a énormément reculé du fait de l’action de l’État sous la pression et les instructions du président de la République. Ce dernier a fait de cette bataille plus qu’un principe directeur; il s’est agit pour Paul Biya de développer une culture d’intégrité et de bonne gouvernance au sein de tous les milieux d’activité, que ce soit dans l’administration publique ou au sein du secteur para-public. Il est important de le rappeler.

En créant la Commission Nationale anti-corruption (CONAC) il y a quelques années, le chef de l’État camerounais comptait mettre un outil plus performant entre les mains d’enquêteurs aguerris. Remplaçant ainsi l’Observatoire National de lutte contre la corruption,  la CONAC a eu pour feuille de route le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre effective du plan gouvernemental de lutte contre la corruption. Indépendante, elle est tenue d’ouvrir une information sur tous les cas, faits ou actes de corruption avérés, portés à sa connaissance par quelque moyen que ce soit. La Commission assure aussi le contrôle physique de l’exécution des projets et évalue les conditions de passation des marchés publics.

À cet organe central sont greffés des institutions chargées de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics. Il s’agit de l’Agence d’investigation Financière (ANIF) de la Cour des Comptes et du Tribunal Criminel Spécial (TCS) qui, aujourd’hui peuvent être fiers d’avoir produit des résultats.

Après les chiffres intéressants produits en 2013, le rapport 2014 de la CONAC rendu public il y a quelques semaines, permet de constater que ses limiers n’ont pas eu le temps de chômer. Déjà en 2013, le Professeur François Anoukaha, vice-président de l’institution, faisait savoir que « bien que la CONAC ne soit pas spécialement chargée du recouvrement des fonds publics, ses différentes actions ont contribué, de manière directe ou indirecte, soit d’éviter à l’État de perdre de l’argent, soit de lui restituer de l’argent indûment perçu. Le total des sommes versées au Trésor public ou en cours de versement, à la suite des actions de la CONAC, s’élève en 2013, à la somme de 50 464 843 627 FCFA».

Dans ce rapport 2014, un document de 248 pages richement documenté, on peut relever la mention, outre les administrations publiques, d’organisations de la société civile, chargées de combattre la corruption au Cameroun et totalement engagées à collaborer avec la Commission. Il y est également mentionné qu’à plusieurs niveaux, de graves manquements à l’éthique ont été constatés et il a été démontré que d’énormes sommes ont été distraites de la fortune publique destinée à la réalisation de projets cruciaux.

Le développement du Cameroun ne saurait être hypothéqué par cette gangrène. Le Dr Dieudonné Massi Gams, président de la CONAC, n’a pas manqué de le souligner lors de la présentation de ce  Rapport 2014. Avec des dénonciations en hausse et surtout l’accès plus facile à des informations de première main, il sera de plus en plus courant de déceler un certain nombre de failles et permettre de mieux cerner les indélicats et leur modus operandi. Une bataille qui ramène aux objectifs de base de la croissance accélérée du pays, selon Paul Biya : « Les grands projets structurants, dont les travaux sont en cours d’exécution, à travers le pays, constituent les leviers essentiels –de notre émergence-. » Nous rajouterons que les sommes importantes qui y seront engagées devront y être ENTIÈREMENT consacrées.

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