Cameroun. Une opposition déboussolée face à Paul Biya

Il ne se passe plus une seule semaine sans que l’actualité politique camerounaise n’apporte son lot de surprises. Particulièrement au sujet des partis politiques majeurs de l’opposition au Cameroun. Que ce soit le Social Democratic Front (SDF) ou le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), les nouvelles sont plutôt déconcertantes. Partis sur des bases d’insatisfaction supposée des Camerounais face au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RPC), ces formations politiques ont en fait été l’incarnation de supposés leaders incontestés.

La vérité est que de nombreux opportunistes et autres aigris se sont engouffrés dans la brèche ouverte par des mouvements aux idéaux approximatifs. Le SDF de John Fru Ndi, après avoir un temps fait illusion lors de ses premières années d’existence, est aux prises avec d’incessantes guerres intestines. De nombreux observateurs estiment qu’en fait, il s’agit de luttes pour la succession du « Chairman » usé par des années de récriminations, souvent mues par la très élémentaire politique politicienne.

Chez Maurice Kamto et son MRC, quelques intellectuels de la dernière heure ont pensé trouver chez ce penseur un meilleur canal. Las, le « Prof » s’est lui aussi perdu dans les dédales d’une opposition qui s’oppose pour s’opposer. Pire, son nom a été intimement lié à la fameuse affaire de prix exorbitants réclamés pour une refonte du Code pénal camerounais. Piégé, le communicateur qui se voulait d’une intégrité sans faille s’est perdu dans des explications qui ont laissé perplexe. Même si rien ne vient l’accuser clairement de malversation, il est quand même surprenant de voir un juriste de sa trempe mêlé à une polémique aussi veule.

Majoritaire, le RDPC peut avoir beau jeu de se placer au dessus de la mêlée, son groupe parlementaire et le gouvernement de la République effectuant un travail de sape pour annihiler toute velléité adverse. Après un passage à vide, conséquence d’une conjoncture économique difficile, les stratèges du parti de la flamme et les ministres de la République ont su remettre à flot le navire Cameroun, sous la direction de leur chef, président de la République, Paul Biya.

Ce dernier, conscient des enjeux présents et à venir, a pris ses responsabilités et marqué les étapes de l’actuel septennat. La manière et la cohérence des plans consécutifs de redressement du pays puis de son décollage réel ont carrément fait perdre le nord à ses adversaires. Il n’y a réellement jamais eu de propositions crédibles pour permettre d’apporter de l’eau au moulin de la croissance et du développement du Cameroun. Tout au plus s’est-on répandu en insultes à tout ce qui s’apparente de près ou de loin à la grande famille du Rassemblement démocratique du peuple camerounais et par extension au gouvernement.

Il y avait pourtant une lueur d’espoir et le président Biya l’avait noté lors de son discours d’investiture, le 3 novembre 2011 : « De façon générale, nous pouvons, je crois, nous féliciter des progrès accomplis sur la voie de la démocratie. Des dispositions ont été prises pour garantir la régularité et la transparence des élections. L’exercice des libertés publiques et le respect des droits humains sont de mieux en mieux assurés. Certes, la critique systématique, par certains, de l’action gouvernementale n’a pas disparu, mais la volonté d’établir un dialogue constructif paraît gagner du terrain. C’est bon signe et j’espère que nous pourrons ainsi trouver des espaces d’entente sur les problèmes d’intérêt national. »

Hélas, des oiseaux de mauvais augure planent toujours.

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