Cameroun : offensive tous azimuts contre la corruption

Nous l’exprimons depuis plusieurs semaines : l’ensemble des services publics a pris la mesure des dégâts causés par ce fléau qui coûte cher à la nation camerounaise. C’est au tour de la Cameroon Radio and Television (CRTV) de faire les frais du remodelage d’habitudes qui ont eu la peau dure. C’est que la Commission nationale anti-corruption (CONAC), y a engagé des procédures visant à tordre le cou à plusieurs pratiques.

Une première série d’Initiative à résultat rapide (IRR) entend pallier aux dysfonctionnements régulièrement notés dans le processus de délivrance des Attestations de virement irrévocable (AVI). Cette situation a provoqué un phénomène de falsification de ces derniers documents, altérant ainsi l’efficacité dans les services et la réputation de la CRTV. La haute direction a donc instruit que les AVI soient délivrées en 72 h, à partir de la date d’arrivée de la demande à la Direction des ressources humaines (DRH).

Rappelons que l’engagement de la CONAC ne date pas d’hier. Les initiatives à résultats rapides ont été lancés depuis 2011 en collaboration avec le Projet conjoint CHOC (Changer d’Habitude – s’Opposer à la Corruption), indique le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Les résultats obtenus ont créé un effet boule de neige dans tous les ministères du pays, et dans le but de lutter efficacement contre la corruption au sein des structures publiques, les initiatives à résultats rapides sont adoptées dans les différents plans d’action de lutte contre la corruption. La CRTV constitue une étape dans cette opération.

Pour une CRTV optimale

Bien évidemment, explique-t-on au PNUD, l’objectif de ces initiatives était d’accélérer la mise en œuvre de la Stratégie Nationale sur la Lutte Contre la Corruption élaborée en 2010, à travers la production à court terme des résultats d’envergure susceptibles de créer un impact dans l’opinion à partir d’actions simples et peu onéreuses. La Santé, les Mines et Industries extractives, les marchés publics et la Société Civile constituaient, particulièrement, les secteurs retenus dans le cadre de cette démarche, suivant en ce sens les directives du président de la République, Paul Biya.

Sur le plan pratique, expliquait le président de la CONAC, l’approche par les résultats rapides est  un outil de management qui introduit une nouvelle méthode de travail dans les secteurs choisis. Cinq axes d’interventions avaient ainsi été déterminés : Prévention-Éducation-Conditions-Incitations-Sanctions (PRECIS).

Cela fera-t-il changer de tempo aux habitués de la corruption, accrochés à ces privilèges indus ? Il y a fort à parier que oui, parce que le nouveau directeur général Charles Ndongo, est non seulement un « ancien » de la boîte, mais aussi un professionnel rompu à l’excellence. C’est sur ce dernier critère qu’il a globalement placé l’axe de son programme de gestion. Nul doute que cela fera le bonheur de ceux qui se battent en sourdine pour que « ça marche » enfin comme il se doit à Mballa, siège du service public de la radio et de la télévision au Cameroun.

 

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