Catastrophe d’Éséka: un mauvais procès fait au président Biya

Tout comme lors du drame atroce de l’Hôpital Laquintie de Douala, les contempteurs des responsables la République ont de nouveau rué dans les brancards. Au premier rang, le chef de l’État camerounais, une fois de plus pointé du doigt pour cet accident tragique. En ce moment de recueillement, le pays a plutôt besoin de calme et d’une trêve, pour les plus enragés des opposants politiques du gouvernement.

Il ne sert à presque pas grand-chose, comme s’en est fendu un certain Yann Gwet, chroniqueur du quotidien Le Monde/Afrique, de ruer dans les brancards. Pour lui, et on le cite : ‘’Dans ce contexte, « l’enquête approfondie » que le président Paul Biya a « prescrite » vise non pas à établir les faits et les responsabilités, mais à trouver une victime expiatoire. Dans le cas du scandale Monique Koumaté, le directeur de l’hôpital Laquintinie, limogé quelque temps après le scandale, a joué ce rôle. Le ministre de la santé, lui, est toujours à son poste. Dans la présente affaire, Camrail, filiale d’un groupe Bolloré, symbole de l’impérialisme français en Afrique, fait figure de bouc émissaire idéal. Le ministre des transports camerounais, Edgar Alain Mebe Ngo’o, a déjà annoncé la couleur : « Le ministre donne une orientation générale », mais la décision d’ajouter huit voitures pour répondre à l’afflux de passagers a été prise par « les responsables de Camrail ». Le décor est planté. La catharsis aura lieu. Le peuple aura son coupable. La paix sociale sera sauve.’’

Il transpire de cette lapidaire éructation, un règlement de comptes qui ne dit pas son nom. Dans tous les pays du monde, devant ce genre de drame, il est de la plus élémentaire des notions, de rassembler le peuple autour de sa souffrance et assurer que le nécessaire sera fait à tous les niveaux pour en établir les causes. C’est cela la responsabilité d’un chef politique, d’un chef d’État digne de ce nom. En quoi les prescriptions des autorités camerounaises sont-elles tronquées ici ? Cette basse interprétation ne grandit ni le chroniqueur, ni l’organe de presse qui lui ouvre ses pages. À sa liberté de penser, nous opposerons la responsabilité de bien penser et dire vrai. On de doit pas profiter de ce genre de catastrophe pour aligner des insanités.

On l’a souvent dit, il est trop facile, dans le cas du Cameroun, de toujours taper sur le même clou sans relâche. À croire que même les intoxications alimentaires les plus banales auraient pour origine la présidence de la République. L’élévation des esprits et le sens de la mesure devraient imposer de garder raison. Le tragique déraillement du train de la Cameroon Railway (CAMRAIL) a causé assez de peine et même, légitimement, provoqué une certaine colère. La décence la plus élémentaire suggère donc de contribuer aux débats, avec cohérence, nous insistons depuis toujours sur ce terme, pour apporter de l’eau au moulin des observateurs.

Jeter l’anathème sur le chef de l’État et le gouvernement est un exercice qui peut servir une certaine cause. Cela ne donnera guère d’éclairage sur les propres suggestions ou propositions pertinentes des critiques à l’ensemble de la population. Ce qu’il y a à faire au lendemain de cette catastrophe ferroviaire, c’est d’être solidaires dans la douleur des familles endeuillées et d’un pays meurtri.

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