Cameroun. Cap sur l’agriculture de deuxième génération annoncée par le président Biya

Le complexe industriel d’Ebolowa destiné à produire des engins motorisés pour les agriculteurs avance. Avec un taux de réalisation de 85%, ce projet de construction de tracteurs a commencé à combler certains besoins et laisse entrevoir des lendemains porteurs pour l’agriculture camerounaise. Vendredi dernier, le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), Louis Paul Motazé, s’est rendu sur place pour constater l’avancement des travaux.
Le communiqué final de cette visite indique que la délégation conduite par le MINEPAT a pu apprécier l’état d’avancement des travaux de la chaine d’assemblage des tracteurs, du magasin de stockage, du bloc administratif, de la cantine, de la voirie, et des hangars. On a ainsi appris qu’à ce jour, 25 moissonneuses-batteuses, 4 200 matériels divers et 870 tracteurs ont déjà été assemblés. Sur les 870 tracteurs assemblés, 523 ont déjà été distribués aux agriculteurs. De plus, dix antennes de pools d’engins ont été créées dans chaque chef-lieu de la région du Sud, afin de rapprocher ces équipements des bassins de production agricole.

Vigilant, et en dépit de ces avancées, le ministre Louis Paul Motazé a quelque peu fustigé les lenteurs observées dans la livraison des travaux de cette première phase. Aussi, a-t-il instruit un train de mesures visant à parachever les 14% restants, lesquels prévoient entre autres le bouclage de la chaîne de montage et la fourniture de l’électricité sur le site, indique-t-on.

Dans la foulée de ses remarques, le MINEPAT a rappelé aux divers partenaires cette orientation stratégique voulue par le Chef de l’État, à travers cet important projet. Ce dernier, a-t-il tenu à préciser, sert « d’appui logistique » à la matérialisation de l’agriculture de deuxième génération dont les sillons ont été tracés par le Président de la République. « Il se veut un complexe détenu en joint-venture par les capitaux indiens et camerounais », a déclaré le MINEPAT à la presse.

Effectivement, fleuron de la coopération Cameroun-Inde, le projet de construction du complexe agro-industriel d’Ebolowa a son importance et comprend deux grandes phases. La première, matérialisée par la convention « riz-maïs », prévoit entre autres le montage de 1000 tracteurs au Cameroun et la formation d’une brochette de camerounais dans le domaine de la maintenance des tracteurs. La seconde, adossée à la convention « manioc » signée en septembre 2012, vise à densifier les opérations de la première phase, à travers notamment la fabrication au Cameroun des équipements agricoles plus lourds (bulldozers, rippers…), lesquels pourront être vendus dans la sous-région Afrique centrale. Par cette convention, le complexe agro-industriel d’Ebolowa ambitionne de devenir « un centre de mécanisation agricole en Afrique centrale ». Des négociations pour l’entrée en vigueur imminente de cet accord sont en cours entre les deux parties.

En s’adressant à la jeunesse camerounaise le 11 février dernier, le président Paul Biya avait pris le soin de leur proposer des pistes d’accomplissement personnel et collectif. Entre autres éléments, le chef de l’État a clairement indiqué que le développement de l’agriculture occuperait une place de choix dans le vaste plan d’industrialisation du Cameroun. « La terre ne trahit jamais. N’ayez pas peur de franchir le pas, soyez les entrepreneurs agricoles dont le Cameroun a besoin. C’est un métier noble et rémunérateur de ce qu’il est convenu d’appeler l’économie réelle », a déclaré Paul Biya à ce sujet.

La concrétisation de ce projet vient confirmer le sérieux de l’engagement du président de la République pour offrir des solutions concrètes à la question du développement du pays.

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