‘’Crise linguistique’’ : au Cameroun, il n’y a que des Camerounais

Face à une situation sociale préoccupante mais lentement déminée dans les provinces du Nord-ouest et du Sud-ouest du pays, il devient essentiel de ramener un peu d’ordre et de calme dans les esprits. Les revendications corporatistes des juristes « anglophones » se sont transformées en exigences pour quelques activistes. S’il faut saluer ceux qui, en véritables responsables, ont pris la peine de s’asseoir avec le Premier ministre Philémon Yang pour dialoguer, on doit par contre fustiger sans réserve aucune, ceux qui tentent de souiller l’esprit même de la République du Cameroun.
La culture républicaine permet d’exprimer des revendications et de les porter à haute voix dans les institutions conséquentes. On peut aussi, et ça a été le cas ces dernières semaines, manifester dans l’espace public, mais dans les règles et dans le respect de la loi. Voilà pourquoi on demeure offusqué par les opérations de désinformation et la manipulation des masses par les fantômes des réseaux sociaux qui ont fait passer les forces de l’ordre camerounaises pour des barbares sanguinaires. Pourtant la loi c’est la loi, et elles ne font que la faire respecter.

Cela dit, l’opposition entre francophones et anglophones au Cameroun reste une incongruité dans un contexte où la communauté de destin de ces populations doit être au dessus de toutes les autres considérations. Certes, les affres de la colonisation ont semé sur le continent ces graines de divisions où des fils d’un même espace et de la même « souche » s’affrontent sporadiquement en se prévalant de cultures pourtant importées. Les francophones sont ci, les anglophones sont ça… Avec l’inévitable conséquence qui fait oublier qu’on est d’abord et avant tout Africains. Même en « assumant » les influences historiques, rien ne devrait nous empêcher d’aller plus loin et œuvrer à créer des passerelles qui permettraient d’établir une véritable identité commune, quel que soit le secteur où nous évoluons.

Au Cameroun, il n’y a que des Camerounais signifie donc de sortir de ce champ réduit des différences tribales et linguistiques. Cela signifie s’atteler à développer l’essentiel, à augmenter la richesse et à préserver l’environnement pour les générations futures. À chaque fois qu’il en a l’occasion, le chef de l’État, Paul Biya, ne manque pas de le rappeler.

En ce qui concerne la situation actuelle, le journaliste Badjang Ba Nken du quotidien national Cameroon Tribune a également dit les choses de manière encore plus limpide. « Il est à noter que la situation qui prévaut depuis peu dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest interpelle l’ensemble des Camerounais, écrit-il. À commencer par les politiques et leaders d’opinion qui ont le devoir patriotique de s’impliquer dans la recherche de solutions en vue d’un retour rapide au calme et à la sérénité. Dans le respect de l’unité nationale et de l’identité culturelle de notre pays. »

Rien d’autre à rajouter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 − 1 =