Cameroun: pas de trafic de diamants de la honte au pays de Paul Biya

La nouvelle a fait la manchette dans le monde entier et surpris de nombreux observateurs. Le Cameroun, selon l’organisme Partenariat Afrique Canada (PAC), serait une plaque tournante de la commercialisation illicite des diamants de Centrafrique à destination du marché international. S’il peut y avoir des failles dans le dispositif de sécurisation des frontières, on ne pourrait tirer des conclusions aussi graves. La réplique et le démenti sont arrivés de plusieurs sources. Principalement de la part de Kisito Mvogo, secrétaire national permanent du Processus de Kimberley (PK).

Rappelons que ce système de contrôle, tel que l’expliquent les documents officiels, remonte à mai 2000, date à laquelle les pays producteurs de diamants d’Afrique australe se sont réunis à Kimberley, en Afrique du Sud, pour débattre des moyens à employer pour mettre un terme au commerce des « diamants de la guerre » et pour veiller à ce que le commerce des diamants ne finance pas les activités de mouvements rebelles violents et de leurs alliés visant à déstabiliser des gouvernements légitimes.

À l’issue d’une audience accordée lundi au ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologique (MINMIDT), Ernest Gwaboubou, M. Mvogo a clairement indiqué que le Cameroun n’avait rien à voir avec les activités criminelles qui s’effectuent dans ce secteur minier. Or, dans son rapport intitulé Du conflit à l’illégalité : cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun, il y est indiqué que le pays de Paul Biya sert de point d’entrée aux diamants de conflit provenant de la République centrafricaine pour les marchés mondiaux. « En franchissant les frontières pour pénétrer la chaine d’approvisionnement légale en raison de ses faibles contrôles. Le document souligne aussi des lacunes dans les procédures de traçabilité du Cameroun créant des possibilités de contrebande et de corruption ».

D’où vient-il que les « experts » de PAC soient au fait et absolument certains, à la mesure près, du processus en cours dans la région du Soleil levant du Cameroun ? S’il y a des voix véritablement autorisées à se prononcer clairement sur le sujet, le groupe du Processus de Kimberley en est l’une de plus fortes. Leurs experts sont donc au Cameroun jusqu’au décembre prochain pour une descente dans les zones et sites de production de diamants dans l’Est du pays.

Il n’y a pas de diamants du sang au Cameroun

Première du genre au Cameroun, cette mission est en fait une mission de contrôle créée pour s’assurer de la conformité des pays participant aux exigences du PK. Kisito Mvogo indique ainsi qu’il s’agit d’une procédure capitale du PK qui donne lieu à une évaluation complète de chaque pays-membre ». Il faut enfin savoir que le Cameroun, admis à cet observatoire international depuis le 14 aout 2012, se soumet pour la première fois à cet exercice. Il n’y a pas à douter que cette transparence aboutira à un « non-lieu » pour Yaoundé, une fois de plus accusé de complicités hideuses.

Interrogé par la presse camerounaise, Kisito Mvogo a été on ne peut plus clair : « Ce que nous pouvons garantir à l’opinion nationale et internationale, c’est que la certification des diamants au Secrétariat national permanent du processus de Kimberley s’est toujours déroulée en conformité aux exigences du Processus de Kimberley. Cela veut dire que nous ne certifions pas des diamants de sang. Cela a comme corollaires la modestie de nos exportations. Je vous parlais de 500 000 carats en Centrafrique. Nous ne sommes qu’à 2500 ou 3000 carats. Donc, c’est un argument fallacieux. D’autant plus fallacieux que les diamants ont une empreinte qu’on appelle « The Finger » ou « Foot Printing ». Chaque fois qu’on exporte nos diamants, on fait des photographies qui permettent aux experts à l’international, d’étudier ladite empreinte et ma foi, ils nous ont toujours donné raison. Enfin, lorsqu’un lot de diamants nous parait suspect, nous procédons à la saisie. Aujourd’hui, le Cameroun est l’un des rares pays au monde à avoir un très grand stock de diamants saisis. Preuve que nous travaillons et que nous extirpons les diamants de sang du circuit formel. »

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