Reprise du dialogue à Bamenda selon les instructions de Paul Biya

Un communiqué du gouvernement camerounais indique que le Comité interministériel ad hoc chargé d’examiner et de proposer des solutions aux préoccupations soulevées par les syndicats des enseignants anglophones débutera ses travaux le 27 décembre prochain. Des rendez-vous qui, on l’espère, se feront dans le sens de l’apaisement et surtout dans le calme, comme préconisé par le chef de l’État camerounais.

Ainsi, le gouvernement en appelle au sens des responsabilités et au patriotisme de toutes les parties prenantes à ce cadre de dialogue républicain, exclusivement dédié à l’examen des problématiques liées à l’amélioration du fonctionnement des établissements scolaires et universitaires du système éducatif anglophone. À cet effet, il est fortement demandé aux différents participants  d’aborder ces travaux avec un esprit constructif.

Il ne faut être nullement surpris du ton des autorités camerounaises, tant la tension avait atteint son paroxysme aux jours les plus chauds des contestations. Débordés par une base militante portée à la défense de la « minorité » anglophone, les leaders des mouvements concernés avaient réussi, tant bien que mal, à tenter de garder le contact avec les diverses administrations compétentes.

Dans une volonté qui va plus loin que l’apaisement général, des mesures avaient été prises pour donner le gage de régler une partie des problèmes soulevés par les syndicats d’enseignants anglophones. On sait à ce sujet que le chef de l’État, Paul Biya, avait fait débloquer  la somme de 2 milliards FCFA comme subvention spéciale aux établissements privés et confessionnels dans le but d’alléger les charges liées à leur gestion, ainsi que le recrutement spécial de 1000  enseignants bilingues de l’enseignement technique pour résoudre le problème de l’insuffisance d’enseignants notamment dans les établissements d’enseignement technique des régions anglophones.

Après avoir appelé au fédéralisme et à une prise en compte réelle de la spécificité culturelle des anglophones, de nombreux militants se sont aujourd’hui calmés. S’exprimant à travers les médias nationaux et internationaux, on a pu entendre des leaders comme Tassang Wilfred, le secrétaire général du syndicat des enseignants anglophones, le Cameroon Teachers’ Trade Union expliquer que « depuis des années, nous tentons d’amener le gouvernement à répondre à nos doléances, mais sans succès jusqu’à maintenant ». « Le fond du problème, c’est le déploiement d’enseignants francophones dans des écoles anglophones. Le gouvernement, en raison du tribalisme et du népotisme, a même commencé à recruter des francophones pour enseigner l’anglais à des enfants anglophones. C’est scandaleux », de protester le militant, relayé par Radio-France Internationale.

Pris sous cet angle, on aurait pu croire que les « anglophones » camerounais se faisaient littéralement coloniser par les « francophones ». Or il en n’en était nullement question puisque toutes les décisions d’intégration scolaire visaient à lancer un véritable plan de « bilinguisation » du système éducatif camerounais. Y a-t-il eu des ratés ? Peut-être. Mais cela ne devait en aucun cas déboucher sur les échauffourées et la violation du caractère sacré des emblèmes nationaux. On attend donc les conclusions des travaux qui s’amorcent le 27 décembre avec beaucoup de confiance.

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