Cameroun : un sommet économique mené de main de maître par Paul Biya

À l’invitation du président de la République camerounaise, ils étaient une demi-douzaine de chefs d’État et une brochette d’invités spéciaux, dont Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International, pour examiner la situation économique et monétaire dans la zone de la Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC). Et compte tenu des différentes appréhensions de l’opinion publique et des opérateurs économiques, autant dire que les résolutions tenues à la fin de ce Sommet extraordinaire, initié par Paul Biya, ont plutôt rassuré.

Le président camerounais, dans son discours de clôture, a tenu à rappeler à ses homologues et autres invités que, face à la situation extrêmement préoccupante de la sous région, il était urgent de prendre des mesures nécessaires. Nous préférons reproduire ci-dessous, ses propos in extenso.

« Mesdames et Messieurs,

 Dans  mon propos d’ouverture, je n’avais pas caché que notre sous-région traversait  une période difficile, en raison de chocs d’origine externe qui risquaient d’affaiblir sa  croissance et, par là même, de compromettre ses objectifs de développement. 

Mais je disais aussi ma conviction que si nous étions prêts, ensemble, à prendre les  décisions qu’exige la situation, nous pourrions, avec l’appui de nos partenaires, retrouver la  voie du progrès économique. 

Je pense que ce sommet spécial nous a permis de prendre l’exacte mesure des défis à relever et d’arrêter, de manière concertée, les solutions de nature à franchir ce cap périlleux. 

Je crois qu’il convient de souligner cet élan de solidarité active, encouragé par nos  amis  traditionnels; solidarité qui vise à sortir notre sous-région de ses difficultés actuelles. Nos échanges ont bien montré, me semble-t-il, que des actions conjuguées garantiraient  davantage d’efficacité dans le présent contexte. 

Bien entendu, ceci ne nous dispensera pas de prendre les mesures spécifiques répondant aux problèmes particuliers de chacun de nos pays. 

La stratégie collective qu’il conviendra de mettre en œuvre, devrait porter sur un certain nombre de points fondamentaux. 

Au plan budgétaire, pour préserver un solde soutenable, il serait nécessaire d’élargir l’assiette fiscale pour améliorer le niveau des recettes et la qualité de la dépense. Il faudrait en même temps veiller à ce que ces mesures d’ajustement n’entravent pas la  croissance et n’aggravent pas les conditions de vie des  couches sociales les plus fragiles. 

S’agissant de la dette publique, des dispositions devraient être prises pour en préserver la soutenabilité et la viabilité. 

Dans le même ordre d’idées, il conviendrait d’obtenir de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux une plus grande souplesse, en raison de la forte baisse des cours des matières premières. 

En ce qui concerne notre politique monétaire, notre Banque Centrale est venue en appui pour atténuer les chocs budgétaires. Mais d’autres leviers devraient être actionnés pour garantir notre stabilité monétaire menacée par des problèmes de balance de paiement. 

Le concours du FMI serait sans doute indispensable, en coopération avec la France, notre partenaire dans le domaine monétaire. 

Ai-je besoin d’ajouter que la réussite de cette stratégie est aussi fonction de l’accélération de l’intégration au sein de notre sous-région, de la diversification de notre économie et de l’amélioration du climat des affaires dans nos différents pays. 

Je crois fermement à la communauté de destin qui nous rassemble au sein de notre sous-région. C’est la raison pour laquelle je pense, qu’individuellement et collectivement, nous devons faire, en coopération avec nos partenaires, tous les efforts nécessaires pour lui donner les meilleures chances de renouer avec la croissance. »

Et concernant les mesures importantes relevées dans le communiqué final du Sommet, on mentionnera surtout que les chefs d’État ont d’emblée estimé que le renforcement de la stabilité macroéconomique ne nécessite pas un réajustement de la parité monétaire actuelle, mais plutôt des efforts d’ajustement sur les plans intérieur et extérieur, assortis de réformes structurelles adéquates.

Puis il a été également décidé d’adopter des mesures pertinentes destinées à inverser durablement les tendances négatives de l’économie de la sous-région, combinant une politique budgétaire adéquate, une politique monétaire appropriée et une coopération internationale renforcée.

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